Le mode de scrutin responsable d'une apathie politique?

Émilie Pelletier Grenier emilie.pelletiergrenier@tc.tc
Publié le 5 novembre 2015
De gauche à droite : Thomas Collombat, Hamdi Souissi et Geneviève Baril.
TC Media - Émilie Pelletier Grenier

ÉCHANGE. La réforme du mode de scrutin uninominal à un tour canadien est inscrite dans la plate-forme politique de la plupart des partis, mais pourtant, une fois portés au pouvoir, ceux-ci semblent oublier ce volet de leur programme. D'un autre côté, plusieurs s'inquiètent de voir la participation politique des jeunes s'essouffler. Cette réforme promise – voire attendue – pourrait-elle contribuer à intéresser davantage les 18 à 34 ans à la chose politique?

Cette question, la Table jeunesse Gatineau a tenté d'aider à y répondre en formant, en partenariat avec l'organisme Mouvement démocratie nouvelle, un panel d'intervenants qui en discuté mercredi soir à l'Université du Québec en Outaouais.

Celui-ci comprenait Thomas Collombat, professeur à l'Université du Québec en Outaouais, Hamdi Souissi, étudiant à l'Université d'Ottawa et citoyen engagé, ainsi que Geneviève Baril, de l'Institut du Nouveau Monde.

Leur rôle consistait à échanger et à créer une discussion sur trois grandes questions. Ils étaient tenus de se questionner sur les raisons qui mènent certains jeunes à se désintéresser de la politique. On a également demandé aux panelistes si la réforme du mode de scrutin, pour lui préférer un mode de scrutin proportionnel, pourrait contribuer à raccrocher ces jeunes aux enjeux politiques. Et sinon, qu'est-ce qui pourrait le permettre?

Les échanges ont duré un peu plus d'une heure avant de se conclure par une discussion avec les quelque 35 personnes présentes. Pourquoi y a-t-il un faible taux de participation des jeunes aux élections? «C'est un problème systémique», a affirmé d'entrée de jeu Thomas Collombat. À son avis, cela est aussi le résultat d'une dévalorisation du rôle de l'État faisant en sorte que les gens n'ont plus «l'impression de voter pour quelque chose qui est utile».

A aussi été mentionné le fait que les jeunes ne se sentent pas interpellés par les questions politiques. C'est entre autres pourquoi Geneviève Baril a proposé de son côté un «cours d'éducation civique» qu'on espère qu'il serait donné en secondaire trois.

Hamdi Souissi a quant à lui avancé qu'il peut parfois sembler «difficile d'expliquer comment les décisions politiques ont un impact sur la vie quotidienne».

Et à savoir si la réforme du mode de scrutin pourrait contribuer à mousser la participation politique des jeunes, si on n'a pas répondu à l'affirmative à cette question, on n'a tout de même expliqué en quoi cela pourrait pallier certains problèmes qui sont peut-être la cause de ce manque d'intérêt. M. Souissi, tout comme Mme Baril ont mentionné que le mode de scrutin proportionnel permettrait de mettre fin au bipartisme et aux petits partis de se faire voir. «Il faudrait que chaque vote [voire non-vote] compte», a lancé l'étudiant.

Dans toute cette discussion est souvent ressortie la nécessité de revaloriser la discussion politique, les échanges et la participation citoyenne. «On doit revaloriser [le fait] qu'on peut ne pas être d'accord. Que c'est correct d'avoir des conflits», d'affirmer M. Collombat.

La représentante de l'Institut du Nouveau Monde a aussi fait référence à la nécessité de sentir qu'il y a un enjeu de société important et a donné en exemple le printemps érable, qu'on estime qu'il aurait contribué à nourrir la participation électorale des jeunes.

La Table jeunesse Gatineau continuera d'organiser des événements afin d'encourager la participation politique de la jeunesse. Annie-Pier Caron-Daviault, responsable du Comité citoyen de la Table et instigatrice du projet s'est dite très satisfaite de la soirée et du taux de participation.

Pour plus de détails sur leurs activités, www.tjo.ca