Une Gatinoise rêve d’un Monument de résilience

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 23 avril 2015
Nicole Dubé et le conseiller Mike Duggan présente le Monument de la résilience
TC MEDIA - Marie Pier Lécuyer

RECUEILLEMENT. Alors que la réputation de sa fille vient tout juste d’être rétablie, Nicole Dubé rêve d’un Monument de résilience à Gatineau et un peu partout au pays pour honorer le courage des victimes d’actes de violence.

Aussi représentante en Outaouais de l’Association des familles de personnes assassinées et disparues (AFPAD), Nicole Dubé a vu sa vie changer en 2009, quand sa fille, Lara Langlais, une coopérante internationale, a été assassinée en Côte d’Ivoire. Depuis, elle menait un combat pour que l’enquête soit rouverte là-bas, alors que les conclusions précédentes ne tenaient pas la route, selon Mme Dubé.

Alors qu’elle a eu la nouvelle seulement lundi de l’ambassade ivoirienne confirmant que sa fille a bel et bien été victime d’homicide, elle se dit soulagée. «Ça m’a pris six ans pour réhabiliter sa mémoire», enchaîne-t-elle.

C’est en discutant avec d’autres familles qu’elle a réalisé le besoin d’un endroit pour se recueillir. Le Monument de résilience avait pris naissance dans son esprit. «La résilience, ça ne veut pas dire tout accepter, ça veut dire prendre un chemin où on va pouvoir construire quelque chose avec ce qui nous est arrivé de difficile. Ce n’est pas de pardonner», lance-t-elle.

Le monument se voudrait aussi un outil pour lancer un messager de non-violence et rappeler le courage des victimes.

Il ne manque que le terrain pour pouvoir ériger le monument, explique-t-elle. Avec l’appui du conseiller de son quartier, Mike Duggan, elle œuvre à trouver un endroit à la fois fréquenté et tranquille pour voir son idée prendre vie. Elle a déjà dû essuyer un refus de la Commission de la capitale nationale pour installer le tout au parc Jacques-Cartier. Mais elle espère encore que le tout pourra se concrétiser le plus rapidement possible, à ce lieu, ou un autre endroit.

Le monument, réalisé par Jean-Pierre Busque, serait en bronze, d’une hauteur de sept pieds et représenterait trois personnages touchés par la perte violente d’un être cher, relié par un voile symbolisant tant le deuil que le lien qui les unit face au drame. Au centre, la personne disparue ou assassinée apparaît par sa silhouette.

Chose certaine, elle voit grand avec son projet et espère que les gens verront un jour ce monument dans un endroit et sache tout de suite de quoi il s’agit. «On espère que ça sera fait à l’échelle du Canada, dans au moins chaque grande ville», poursuit-elle.

Rappelons qu’il s’agit de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels.