«C’est un accommodement totalement déraisonnable» - Jean-Paul Perreault

Usage de l’anglais à la Ville de Gatineau

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 14 août 2015
Jean-Paul Perreault tient le festival dans son coeur depuis ses débuts
TC Media - Marie Pier Lécuyer

LANGUE. La Ville de Gatineau vient d'être déboutée en cour, alors qu'elle ne pourra pas exiger de ses employés qu'ils soient en mesure de parler en anglais pour l'obtention d'un poste. Du moins, si l'accomplissement de la tâche ne le nécessite pas. Une décision saluée par le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault.

Rappelons que la saga judiciaire a débuté en 2009, au moment où le Syndicat des cols blancs avait déposé un grief. À ce moment, il s'opposait à l'affichage d'un poste de commis aux finances exigeant la connaissance de l'anglais.

En 2013, un arbitre avait donné raison au syndicat. La Ville de Gatineau avait toutefois contesté la décision. La requête de révision judiciaire vient d'être rejetée par la Cour supérieure. «Je suis très sensible à la décision de la Cour supérieure, c’est une décision responsable», lance d’entrée de jeu Jean-Paul Perreault.

Gatineau ira en appel de cette décision. «C’est du délire, clame-t-il. Qu’ils abandonnent les procédures.» Il poursuit en se disant blessé que les impôts et taxes des gatinois soient utilisés pour des procédures judiciaires en ce sens.

Accomodement raisonnable ?

Le président d’Impératif français estime que chaque citoyen qui décide d’habiter au Québec devrait faire usage de la langue française. «Je pense qu’il appartient à tous les citoyens qui vivent ou choisissent de venir vivre au Québec d’apprendre le français», martèle Jean-Paul Perreault.

Il estime que d’obliger un employé à maîtriser l’anglais pour l’obtention d’un poste le prive de son droit de travailler. «On a pas réclamé l’anglicisation des établissements du Québec», déplore-t-il.

«Nous n’avons pas à défranciser ou angliciser nos établissements pour accommoder des personnes, qui parce qu’elles vivent au Québec devraient apprendre le français et refusent de le faire, ça n’a pas de sens», poursuit-il.

Il considère que tous les établissements du Québec ne devraient pas exiger l’anglais pour obtenir un poste. «C’est un accommodement totalement déraisonnable qui n’a pas sa raison d’exister», croit-il.