Intimité conjugale et naissance d’un enfant: «Il faut se donner le temps»

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 11 février 2016
couple
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COUPLE. Avoir un enfant est un gros changement pour un homme et une femme, mais aussi pour le couple et son intimité conjugale.

Dans le cadre d’une étude réalisée par la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), plusieurs couples ont été rencontrés, question de discuter notamment de la sexualité entourant la période de grossesse et suivant l’accouchement.

En général, la fréquence des activités sexuelles va diminuer le premier trimestre, reprendre au deuxième et diminuer au troisième. Mais chaque personne et chaque couple est unique. «Il ne faut pas généraliser», insiste Pascale De Montigny Gauthier, professionnelle de recherche à la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles.

L’un des constats de l’étude est que souvent, les couples vont trouver des alternatives. «Ils vont faire attention à leur intimité, leur sexualité», note-t-elle.

Il est normal que l’intimité conjugale change pendant la période de grossesse, rappelle-t-elle. Que ce soit l’homme qui doit s’adapter au corps en changement de la mère et à la présence du bébé, ou la mère qui doit composer avec les changements au niveau de son corps, chacun doit composer avec des changements pendant cette période.

C’est toutefois après l’accouchement que la fréquence est à son plus bas. Fatigue, interruption, douleurs, plusieurs raisons peuvent être en cause. «C’est normal de ne pas avoir le goût après. Il faut se donner le temps de récupérer physiquement», insiste-t-elle.

Elle évoque au passage une phrase lancer par un couple lors de l’étude, qui se disait le soir avant de se coucher qu’ils s’aimaient, qu’ils avaient du désir pour l’autre, mais qu’ils étaient trop fatigués. Une bonne façon de se rappeler mutuellement que le désir est encore bien présent, selon Pascale De Montigny. «Ça enlève de la pression», poursuit-elle.

Au final, elle évoque quatre stratégies pour bien passer à travers cette période soit se parler, trouver des moyens différents de vivre l’intimité conjugale, se donner du temps et en jaser en couple, avec des amis ou un professionnel de la santé peuvent.

Certains couples rencontrés dans le cadre de l’étude évoquaient une rencontre prévue à intervalle fixe. «Ce n’est pas super spontané, mais ça fait que ça revient plus facilement plus rapidement. Pour avoir le goût, il faut que tu recommences», note Pascale De Montigny Gauthier.

La sexualité en période prénatale et postnatale devrait impérativement être abordée dans les cours prénataux, croit-elle. «Ce qu’il faut retenir, c’est que tout cela est super normal», insiste cette dernière.

Discuter de sexualité étant encore tabou, les gens ne sont souvent pas à l’aise d’en parler, estime Pascale De Montigny Gauthier. «Il faut que ça change.»