Des chercheures de l’UQO s’intéressent au deuil périnatal chez les immigrantes

Publié le 7 juin 2016

Les immigrantes n’utilisent pas les ressources disponibles pour surmonter le deuil.

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GROSSESSE. Des chercheuses de l’Université du Québec en Outaouais mènent présentement une recherche sur le deuil périnatal chez les femmes immigrantes. Selon elles, les immigrantes seraient moins bien outillées que leurs comparses québécoises. 

Financée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), la recherche baptisée Immigration et deuil périnatal a pour but de cerner l’étendue du soutien dont bénéficient les femmes immigrantes vivant au Québec. Il s’agit d’une des premières initiatives du genre dans la province.

« L’idée du projet a germé à partir du constat de la très faible participation des familles immigrantes aux groupes de deuil, tels "Les étoiles filantes" », explique Chantal Verdon, chercheure principale et professeure en sciences infirmières à l’UQO. Les étoiles filantes, un atelier de soutien mensuel, existe pourtant depuis 1999 et est systématiquement proposé par les intervenants de l’Outaouais aux femmes qui perdent leur enfant.

Quelles sont les raisons pouvant expliquer ce faible engouement? Selon Sabrina Zeghiche, coordonnatrice de recherche à l’UQO, la barrière culturelle et linguistique peut être à l’origine du problème. «Je pense qu’elles sont moins au courant des ressources qui existent et qu’elles se sentent moins à l’aise d’aller vers des personnes qu’elles ne connaissent pour parler de choses personnelles.»

Selon le groupe de recherche, il s’agit d’un constat alarmant, surtout lorsque l’on sait que la population immigrante au Québec, particulièrement chez les femmes, ne cesse de croître.

On sait d'une étude précédente que les femmes immigrantes sont plus à risque de troubles de santé mentale dans les années suivants le décès que les femmes non immigrantes. 

L’équipe de recherche est composée de trois professeures en sciences infirmières de l’UQO, Chantal Verdon, Francine de Montigny, Christine Gervais ainsi qu'Isabel Côté, professeure en travail social.

Chaque année au Canada, plus de 100 000 femmes perdent leur bébé lors de la grossesse, l’accouchement ou quelques semaines après la naissance. Malgré tout, les effets à long terme du décès périnatal sur les relations conjugales, parentales et familiales, restent étonnamment très peu documentés chez les femmes immigrantes.

Les résultats de la recherche seront publiés en juin 2017.

Par Laurence Gagnon