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Vivre les inondations… de façon positive


Publié le 17 mai 2017

Michel Hotte et France Gravelle auraient toutes les raisons du monde d'être découragés à la suite de l'inondation historique survenue à Gatineau. Eh non!

Le couple a pris possession de leur nouvelle maison sur la rue Jacques-Cartier le 1er mai. Et dès le lendemain, les pompes tiraient de l'eau du sous-sol à plein régime.

«On est des riverains, on a fait le choix de vivre sur le bord de l'eau. Mais ça, c'est unique. Et c'est maintenant que les gens vont avoir besoin d'aide.»

-Michel Hotte, sinistré

«Dès le lendemain (du déménagement), on a changé les plans. J'ai été chercher des pompes et on a commencé à sortir l'eau du sous-sol. On a tenu jusqu'à dimanche (7 mai) quand le clapet de la Ville a cédé. En 15 minutes, le sous-sol s'est rempli avec des refoulements d'égout.»

Le couple devait s'installer avec les parents de France. Cependant, entre l'achat et le déménagement, son père appris qu'il était atteint d'un cancer. Une situation peu évidente, mais la famille a décidé de se serrer les coudes plutôt que de s'apitoyer sur son sort.

«On n'est pas des gens négatifs. Mon beau père nous a dit: je ne veux pas personne qui pleure, je veux qu'on profite de la vie au maximum», indique Michel. «Et c'est ce qu'on a fait.»

Le couple prenait des photos, les publiaient sur les réseaux sociaux. Leur attitude positive a détonnée, considérant les dommages causés par l'eau un peu partout dans les résidences du secteur. «C'est du matériel. Personne n'est mort. Pour moi, c'est ce qui est important à retenir.»

Michel Hotte est un homme à tout-faire organisé. Il s'est relevé les manches et a commencé à planifier la reconstruction. Il estime à 90 000$ les dommages liés à l'inondation. Il a pu compter sur un bon coup de main de son employeur, qui lui arrange un horaire plutôt flexible compte tenu des circonstances. La reconstruction débutera une fois que le tout sera approuvé par Québec.

Un projet de retraite avant le temps

Michel Hotte et sa conjointe avaient décidé de mettre leur maison en vente pour s'installer sur Jacques-Cartier, un endroit qu'ils fréquentaient déjà régulièrement. Leur bateau est accosté devant le Resto-Bord depuis un certain temps et la maison était disponible.

«On en a parlé avec mes beaux-parents, ils ont mis leur maison à vendre et on s'installait ici. Notre vie sociale est ici. On est des réguliers du coin. C'est un plan de retraite qu'on a devancé. On a fait une pierre deux coups.

La communication est constante entre les trois générations. Les filles de France et Michel sont impliquées, même celle qui habite à Chibougameau, qui reçoit des nouvelles au quotidien de ce qui se passe à Gatineau.

«C'est une épreuve qui nous a rapproché davantage, je dirais.»

Michel Hotte s'est dit touché par l'élan de solidarité des gens de Gatineau, mais aussi de partout au Québec, à l'endroit des sinistrés: «Je suis surpris. Les gens se sont serrés les coudes. J'ai un copain qui vit sur Hurtubise. On est allé lui porter une épicerie parce qu'il était tout seul là-bas. Il y avait plus de bateaux que de trafic automobile. C'est dire comment les gens se sont entraidés.»

Personnellement, il a pu compter sur ses amis et des proches: «Ma plus jeune, qui est aux études ici, peut compter sur l'aide d'amis qui sont venus ici nous donner un coup de main. On a eu la gang de la cohorte des paramédics du Cégep de l'Outaouais, qui nous ont aidé.»

Michel Hotte a été témoin des inondations de 1974. Il a vécu celles de 2017 et ne compte pas revivre pareille situation:  «Ça n'arrivera pas une autre fois ici. Je vais m'assurer que l'on sera prêts si jamais l'eau monte à nouveau.»