Votre région a besoin de vous
Je me suis récemment engagé dans la campagne pour la relance de la laiterie Château. Cette bataille représente bien ce que sera cette chronique : un lieu de réflexion, d’échange, mais également d’action. La réflexion est importante, mais elle doit, dans la mesure des moyens de chacun, se transformer en action. De temps en temps, dans le cadre de cette nouvelle chronique, je vous inviterai à faire des gestes concrets. Ce sera le cas aujourd’hui.
On dit qu’au Lac-Saint-Jean, quand un dépanneur est menacé de fermeture, l’ensemble de la région se mobilise pour le sauver. Historiquement, l’Outaouais ne s’est pas levée souvent pour défendre ses intérêts. Dans le domaine de l’agroalimentaire, dans les dernières années, nous avons perdu la fromagerie de Plaisance, la meunerie de Thurso et l’encan d’animaux, et ce, pratiquement sans que la région ne s’en aperçoive. La laiterie Château était, avec la Trappe à fromage, la dernière entreprise importante de transformation agroalimentaire en Outaouais : il ne reste ici que des producteurs et des consommateurs. Conséquence : quand la transformation se fait ailleurs, les emplois sont créés ailleurs.
Nous ne pourrons pas relancer Château, le propriétaire a refusé de vendre, la concurrence joue dur. Mais nous pouvons relancer une laiterie bien de chez nous. C’est ce qu’un comité dont je fais partie tente de faire. Pourquoi? La nouvelle laiterie, quand elle verra le jour, permettra de créer une vingtaine d’emplois, elle aura des retombées économiques directes et indirectes de 40 millions et elle nous permettra de multiplier l’offre de produits locaux.
Mais ce n’est pas tout. La relance d’une laiterie en Outaouais, c’est une façon de stimuler le sentiment d’appartenance à la région en menant et en gagnant une bataille importante pour notre fierté collective. Refuser que notre lait soit transformé à Montréal, c’est refuser de laisser les régions dépérir. C’est une économie de 70 000 km de camionnage. C’est une responsabilité collective.
Comment contribuer à cette lutte importante? Inscrivez-vous sur le site laiterieoutaouais.ca. en indiquant sous « J’appuie la laiterie », le nombre de litres de lait de la région que vous prévoyez consommer. Aussitôt que la nouvelle laiterie sera en mesure de produire, cet appui de la population lui permettra de convaincre les détaillants de faire de la place sur ses tablettes au lait régional. La bataille est loin d’être gagnée, mais elle vaut la peine d’être menée. Si c’est vrai qu’acheter c’est voter, l’Outaouais a une belle occasion de se prononcer.
C’est un honneur pour moi de me joindre à l’équipe de « l’hebdo de l’année », dans la « région de l’année » chez Transcontinental. Je ne suis pas devenu journaliste, je suis un chroniqueur. Je ne prétends pas à l’objectivité, au contraire, j’écris pour défendre des idées et pour, je l’espère, enrichir le débat public régional. L’objectif de cette chronique sera d’alimenter les discussions sur les enjeux régionaux avec des opinions claires et documentées. Vous et moi, nous ne serons pas toujours d’accord, mais j’essaierai toujours de vous proposer des textes assez travaillés pour que les idées exprimées vous intéressent. N’hésitez jamais à m’écrire, je lirai tous les messages.
À la semaine prochaine.
Biographie du chroniqueur
Engagé dans plusieurs dossiers régionaux comme la relance de la laiterie de l’Outaouais ou encore celui des fusions municipales, monsieur Pedneaud-Jobin est un acteur et un commentateur de l’actualité régionale depuis plusieurs années. Successivement journaliste, attaché politique et chroniqueur, il est devenu, en 2002, membre du cabinet de David Levine, ancien ministre délégué à la Santé, puis porte-parole du Centre hospitalier des Vallées de l'Outaouais avant d’occuper le poste d’adjoint au pdg de l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, poste qu’il détient toujours. Âgé de 39 ans, il est natif de Buckingham et il y habite avec son épouse et ses trois enfants.