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L’accès à l’eau potable : une crise silencieuse

Karine Régimbald par Karine Régimbald
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Article mis en ligne le 31 mai 2007 à 7:58
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L’accès à l’eau potable : une crise silencieuse
Imaginez quelques minutes que l’eau présente en abondance autour de nous deviendrait une denrée si rare que seuls les dirigeants de pays et les personnes riches puissent y avoir accès. Imaginez que près de 1,1 milliard de personnes sur la terre seraient dans l’incapacité d’en boire quotidiennement et que, de ce fait, 1,8 million d’enfants par année mourraient en raison de son absence ou de sa contamination par la pollution.
Plutôt difficile à imaginer, ici, en Outaouais, où l’eau est présente en grande quantité, mais cette réalité se veut celle de nombreux pays africains aux prises avec des carences notoires de ce bien commun souvent réservé à une minorité de gens. En effet, cette «crise silencieuse touchant les plus pauvres est malheureusement tolérée par les personnes qui ont les moyens de l’enrayer», en l’occurrence les pays les mieux nantis.

C’est dans le cadre de la conférence internationale Collaborer en Afrique: les nouvelles approches dans le secteur de l’eau, présentée au Palais des Congrès de Gatineau, les 24 et 25 mai dernier, que la problématique africaine de la reconnaissance du droit d’un accès à l’eau potable a été abordée.

Selon Yves Le Bouthillier, conférencier et professeur à la Faculté de Droit de l’Université d’Ottawa, la reconnaissance implique bien davantage qu’une simple formalité. Elle engage les États ayant reconnu le droit de l’accès à l’eau, à non seulement respecter ce droit de façon égalitaire, mais aussi à le protéger par des mesures législatives et à mettre en œuvre les moyens pour assurer l’exercice de ce droit et ce, à l’échelle planétaire.

M. Le Bouthillier a insisté sur l’urgence d’agir puisque cette ressource est essentielle à la vie. En ce sens, elle doit bénéficier à l’ensemble des peuples du monde. «Il ne suffit plus de simplement de le dire, mais de mettre en œuvre les outils nécessaires pour accorder un accès à tous», a affirmé M. Le Bouthillier.

«Les plus grandes victimes de ce phénomène sont la plupart du temps des groupes socialement défavorisés, éloignés des communautés», a souligné le spécialiste. Des mesures précises donnent ainsi un certain pouvoir aux personnes plus démunies et elles peuvent conduire vers la reconnaissance de droits économiques et sociaux pour éventuellement contribuer à améliorer les conditions de vie des plus pauvres».
L’éducation citoyenne au service du monde
Selon M. Le Bouthillier et dans le même esprit que le 4e Forum mondial de l’eau tenu à Mexico en 2006, une approche plus globale basée sur la formation de la population doit se développer. En ce moment, l’accès à l’eau est bien davantage une question politique, un privilège accordé à certains et non à d’autres.
«Une plus grande éducation des citoyens et des dirigeants des différents États sur le gaspillage et la pollution pourrait changer le rapport entre l’homme et la ressource épuisable qu’est l’eau potable», a souligné le spécialiste.
Plus près de chez-nous
Comment dans la communauté, en tant que citoyen, peut-on contribuer à la résolution de ce problème? D’abord, une prise de conscience se veut déjà un pas dans la bonne direction. Mais est-ce suffisant?
Si le problème est considéré de façon plus locale… En Outaouais, tout comme le reste du Québec, la région regorge de lacs et de rivières. En ce sens, il faut se faire le porte-étendard de l’utilisation stratégique de l’eau, car rien n’est à tenir pour acquis pour protéger ce bien public.

Les effets pervers des changements climatiques ont assurément un impact sur la qualité de l’eau, car si à certains endroits la quantité d’eau devient plus restreinte, ceci signifie une plus grande concentration de polluants dans les eaux, donc une ressource épuisable de qualité moindre pour la santé de tous.

Karine Régimbald

Enviro Éduc-Action

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