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Conseil municipal: danger

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 21 juin 2007 à 18:30
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Conseil municipal: danger
Des choses très inquiétantes se disent ces temps-ci au conseil municipal: Aylmer n’a pas sa part, Masson-Angers est négligé, Hull a ceci, Gatineau n’a pas cela, etc. Nous savions qu’il y avait de la tension entre les secteurs, mais, sauf pour Masson-Angers, cela se passait surtout derrière des portes closes. Ce genre d’argument pour défendre un quartier est dangereux, car il attise les frustrations des gens qui ne voulaient pas de fusion et il nous ramène à un sport où l’Outaouais urbain a excellé pendant des années: les chicanes de clochers.
Durant les années 80 et 90, les chicanes entre les municipalités urbaines étaient presque quotidiennes. La région s’est déchirée sur l’emplacement des ponts, des parcs d’affaires, du casino, sur la mise en commun des services, sur les heures d’affaires des commerces, sur le déséquilibre fiscal entre les villes, sur l’étalement urbain, sur la position à adopter devant Ottawa ou Québec, etc. On s’entendait quelque fois sur les problèmes, rarement sur les solutions. Les conséquences de ces chicanes étaient nombreuses: poids politique inexistant face aux autres gouvernements et face à Ottawa, identité régionale impossible à renforcer (chaque projet collectif donnait lieu à une chicane!), concurrence entre partenaires de la région plutôt qu’avec les voisins, etc. Un des premiers objectifs de la fusion était donc de faire cesser les chicanes de clochers et de donner une voix politique forte à la région. À cet égard, malgré toutes ses imperfections, la fusion a déjà commencé à porter fruits et il serait catastrophique de revenir en arrière.

Autre objectif de la fusion: la cohérence dans le développement. Le développement économique se faisait lui aussi de façon désordonnée, à cause d’une concurrence trop souvent néfaste entre les villes. Concurrence de parcs d’affaires et de commissaires industriels, difficulté de s’entendre sur des créneaux de développement, politiques inefficaces, maraudage, etc. L’exemple d’Ottawa à cet égard était gênant. Pendant que nos voisins s’unissaient pour croître de façon plus cohérente, Gatineau se demandait encore si elle devait exister. Le développement des infrastructures régionales était lui aussi incohérent et donnait lieu à des batailles épiques. Est-ce à cela que nous voulons revenir? Certainement pas.

On pourrait s’étonner que, durant les premières années de la ville, ce genre de chicane ait été rare. Mais l’explication est simple, toute la ville était occupée à se construire: schéma d’aménagement, plan d’urbanisme, politique culturelle, politique familiale, piscines, centre sportif, Fonderie, garage municipal, rénovation d’artères importantes, etc. Il y avait du pain sur la planche, une vision claire et peu de temps à perdre.

Pour éviter ce genre de chicanes, il n’y a donc qu’une seule avenue: le leadership. Il faut que tous sachent d’où vient la ville, où elle s’en va et que cette vision soit portée par les plus hautes instances. Si un projet s’inscrit bien dans cette vision, si le leadership l’explique bien, peu importe où il se réalisera, il aura l’appui de la majorité.

À la semaine prochaine.

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Vos commentaires

Évolution normale...

Dino Roberge
Article mis en ligne le 28 juin 2007
Bien que je sois d'accord avec l'essentiel de ton message, j'estime qu'il ne faut pas y voir un retour aux esprits de clocher d'antan.

Ayant vécu l'après-première dizaine de la Ville de Laval (années 77-79), je constate que Gatineau suit le même "pattern": résignation à la nouvelle ville; acceptation des réalités d'une grande ville; demande de services de proximité; développement d'un FORT sentiment d'appartenance au quartier.

Les citoyens de la nouvelle ville de Gatineau sont fort conscients que le retour en arrière est impossible. Toutefois, sans pour autant rejeter les nouvelles réalités, ils exigent un rapprochement des élus et des fonctionnaires aux réalités du quartier. En d'autres termes, les citoyens établissent les nouvelles règles du jeu, comme ce fut le cas à Laval, au tournant des années 70-80.

Je prends par exemple mon quartier, celui de la Québécoise (Angers). Les citoyens viennent de former un comité afin de s'assurer que l'aménagement du parc de quartier soit réalisé selon les besoins de NOTRE population, non pas selon les plans d'un quelconque urbaniste municipal, cloîtré à la Maison du Citoyen. Rien de plus sain...et de plus démocratique!

Tranquillement, les citoyens reprennent le contrôle de l'appareil municipal. Bientôt, nous verrons apparaître PLUS de conseillers municipaux. Il est ridicule de ne retrouver qu'un conseiller pour l'ensemble du territoire de Buckingham. Idem pour Masson-Angers. Les réalités de Masson ne sont pas les mêmes que celles de mon secteur. À Buckingham, les réalités du secteur Est ne sont guère les mêmes que celles du secteur Ouest.

La grande ville de Gatineau, j'accepte. Et volontiers. J'adore même. Mais mon quartier passe avant tout. Car, c'est là que mes enfants jouent, que je fréquente le voisinage, que je vis.

au plaisir de te lire, mon vieux.



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