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L’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) : une alternative écologique et rassembleuse

Karine Régimbald par Karine Régimbald
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Article mis en ligne le 28 juin 2007 à 9:05
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L’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) : une alternative écologique et rassembleuse
Mis sur pied en 1996 par Équiterre, une organisation citoyenne, le réseau d’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) désire avant tout de faire la promotion d’une alimentation saine et écologique par le biais de la culture biologique tout en favorisant les produits locaux. Par l’adhésion au programme ASC, les fermes de la région peuvent sensibiliser la population à l’importance d’adopter des habitudes alimentaires exemptes de pesticides, d’engrais chimique, d’hormones de croissance et d’organismes génétiquement modifiés (OGM).
En participant à l’ASC, les citoyens deviennent des partenaires de la ferme certifiée bio en payant à l’avance pour obtenir une part des récoltes. Accessibles à différents points de chute, les paniers de fruits et de légumes sont distribués aux personnes membres chaque semaine. La quantité et le contenu des paniers varient selon le moment dans la saison et, bien sûr, les variations de température. Aucune garantie n’est offerte par les agriculteurs qui doivent miser sur les bonnes grâces de Dame Nature.

Malheureusement, nul n’est à l’abri des intempéries, des insectes ravageurs ou des maladies qui peuvent nuire aux produits du potager. Ainsi, les adhérents à ce concept partagent les avantages et les risques de la culture maraîchère biologique avec les agriculteurs qui sont assurés d’avoir un minimum de revenu garanti.
Les Artisans de la Terre
Encore à sa première année, la ferme Bio-Logique Diversifiée Les Artisans de la Terre est située à Notre-Dame-de-la-Salette dans la Vallée du Lièvre. Diplômés d’une formation comme technicien en horticulture à La Pocatière, Élise Joly et Francis Coulombe ont commencé dans le domaine agraire il y a quatre ans à Tourville dans le Bas-du-fleuve. Introduits par un ami aux paniers biologiques, ces deux agriculteurs ont décidé de venir s’établir en Outaouais pour promouvoir les bienfaits de cette méthode écologique.
Prônant les vertus de la solidarité et du contact direct avec leurs clients, Francis Coulombe désire revenir aux valeurs d’antan où le fermier connaissait les personnes qui achetaient de la ferme. De cette façon, l’idée de « fermier de famille » prend un sens particulier puisqu’elle encourage une approche plus personnalisée. « La mise en marché sans intermédiaire recrée un lien entre le producteur et le consommateur », explique M. Coulombe.

De plus, le marché local a beaucoup à offrir aux gens de la région. « En achetant des produits d’ici, les personnes mises sur la fraîcheur des produits. Au lieu de cueillir des tomates vertes pour qu’elles deviennent rouges durant son voyage jusqu’à nous, elles sont récoltées mûres la veille ou la journée même.», fait remarquer Mlle Joly.

Sachant que les aliments parcourent en moyenne 2 500 kilomètres avant de se rendre à notre table, il est important d’encourager le marché local. « Lorsque l’on achète du bio de la Californie, rendu ici le produit a pollué autant que si on avait acheté de l’agriculture conventionnelle, note M. Coulombe. « À ce moment-là, il serait mieux d’acheter des produits québécois non biologiques que d’encourager la pollution liée au transport ».

Il décrie grandement le manque de conscience du consommateur qui est souvent maintenu ignorant des faits cachés derrière leurs achats. « Lorsque l’épicerie affiche des piments rouges à un dollar le sac de quatre et qu’ils proviennent du Mexique, il y a un problème, souligne M. Coulombe. « Il faut penser au coût du transport et aux employés. Ainsi, en achetant ces produits, on encourage le « cheap labor », ajoute Mlle Joly.

Selon Élise Joly, offrir des produits biologiques comporte de nombreuses étapes de plus que ne l’exige l’agriculture conventionnelle. C’est pourquoi beaucoup d’agriculteurs ne veulent pas se compliquer la vie avec ce type de démarches. « La liste des normes et des règlements à respecter pour être certifié bio est plutôt longue. Il faut tenir un carnet de bord et un inspecteur vient poser des questions sur les installations, la nourriture donnée aux animaux, sur les méthodes utilisées pour l’agriculture, etc. Il vérifie que tout est conforme avant de traiter la demande de certification.»

D’après les deux agriculteurs, l’Outaouais est un terreau fertile pour l’implantation de fermes biologiques. C’est ici que les habitants gagnent le plus de revenus per capita. « C’est la région la plus scolarisée, la plus riche en raison de la fonction publique. Statistiquement parlant, ce sont les gens près de la retraite avec un salaire plus aisé qui consomment des produits biologiques. Le limitatif du bio est l’argent », affirme M. Coulombe.

Tout comme Les Artisans de la Terre, il est possible de participer à cette initiative indépendamment d’Équiterre. Ce type de programme mérite grandement de se faire connaître de la population.

Assurément manger bio, c’est miser sur sa santé parce qu’il n’y a pas engrais chimiques, pas de pesticides, pas d’OGM, pas d’hormones de croissance utilisée pour la croissance des fruits et légumes. La santé est une composante qu’il ne faut pas prendre à la légère. Connaître la provenance et le traitement qu’ont subi nos aliments s’avère un moyen efficace de consommer de façon responsable.

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