Des succès qui se suivent… sans qu’on puisse en faire autant!
Imaginez que votre chanson préférée joue à la radio. Pas n’importe quelle chanson, LA toune susceptible de faire apparaître devant vous des dizaines d’images enchanteresses. Mais bien que le rythme soit entraînant, vous êtes dans l’impossibilité d’agiter vos hanches, de taper du pied ou d’accompagner à tue-tête la voix de votre rocker favori.
C’est exactement la sensation qu’on ressent à l’écoute de Flower Power , présenté jusqu’au 8 septembre au Théâtre du Casino du Lac Leamy. Pour la deuxième fois cet été, les promoteurs des spectacles présentés au Casino ont raté l’occasion de faire passer une soirée de rêves à leurs spectateurs.
Car une piste de danse, si minime soit-elle, aurait fait toute la différence. Au contraire, assis dans ces chaises, certes confortables, dans une salle de style cabaret, on a l’impression que les années du mouvement hippie se revivent…sans nous!
Et pourtant, ce n’est pas les oh! Et les ah! Qui manquent! Ceux-ci se font entendre dès les premières notes de chacun de ces succès, sous-entendant des souvenirs mémorables pour ceux et celles qui les ont vécus.
Ces derniers doivent d’ailleurs avaler de travers lorsque, d’entrée de jeu, Audrey Fréchette, l’une des interprètes, avoue que, parmi la dizaine d’artistes sur scène, aucun n’était né lorsque le mouvement du Flower Power a pris son envol…et son dernier souffle.
Qu’importe, la musique de cette époque a su traverser les décennies, et Flower Power en dresse un large éventail, en suivant la chronologie des événements marquants du mouvement. De San Francisco, où le mouvement est né, à l’album qui changea le monde de la musique, soit Sgt Pepper, sans parler des années psychédéliques, de la révolution sexuelle, de Woodstock et de l’éclatement de la religion.
Ces événements sont non seulement relatés à travers la musique, mais aussi soutenus par un rideau double, sur lequel des images de toutes sortes sont projetées.
Avec cinq interprètes et tout autant de musiciens sur scène, ce spectacle mise davantage sur l’esprit de groupe que l’individualisme. Toutefois, chacun des artisans a son heure de gloire, son moment fort.
Notons entre autres l’interprétation solide de Mathieu Provençal du succès de Joe Cocker With a little help from my friends, ou encore la voix puissante et juste de Geneviève Samson qui, a capela, réussit à faire vibrer la salle avec l’inoubliable Janis Joplin et son Mercedez Benz.
En ce qui a trait à Stephan McNicoll, seul interprète du groupe à être originaire de l’Outaouais, on ignore encore s’il est hyperactif dans la vie, mais il l’est sans aucun doute sur scène!