Gatineau : partis politiques oui ou non?
Le cirque que nous a offert le conseil municipal cet été est l’argument le plus puissant pour la création de partis politiques municipaux. En règle générale, (rien n’est parfait…), les partis s’assurent que ce genre de chicanes ait lieu en privé.
Au lieu de la cacophonie à laquelle nous commençons à être habitués, nous aurions un groupe qui remet en question les décisions de la majorité au conseil et un autre groupe qui les défend. Ça serait loin de tout régler, mais les enjeux auraient plus de chance d’être clairs.
Mais ce n’est pas tout. Les partis ont d’autres avantages majeurs.
Premièrement, ils obligent les élus à avoir, à tout le moins sur papier, une vision de ce que la ville devrait être. Où voulons-nous être dans dix ans? Quelles sont nos priorités à court et moyen terme? Par quel moyen voulons-nous augmenter la densité du centre-ville? Est-ce que le rôle d’une ville se borne à nettoyer les rues où doit-elle investir contre la pauvreté, se mêler d’enjeux pan-québécois, être présente à l’étranger, etc.? Présentement, le programme du maire tient sur une feuille 81/2 x 14 pliée en trois et ceux des conseillers rivalisent de minceur… quand ils en ont un. Les fonctionnaires sont donc les seuls porteurs d’une vision cohérente de la ville.
Mais il y a d’autres avantages à la rédaction d’un programme de parti : le document doit tenir compte de tous les secteurs de la ville. Il doit nécessairement faire preuve d’une certaine équité et d’une certaine cohérence entre les quartiers. Présentement, chaque conseiller tire la couverture de son côté, sans trop de préoccupations pour ce qui se passe chez le voisin. Par exemple, selon le bon vouloir du conseiller local, on pourrait préserver le patrimoine à Aylmer et s’en désintéresser à Masson ou à Gatineau. Avec une opposition, ce qui se passe dans chaque quartier est sous surveillance et doit se conformer à l’idée que les partis se font de l’avenir de la ville. Dans le système actuel, le conseil ou un conseiller peut changer de direction au gré du vent, il n’a aucune obligation de cohérence ou de continuité.
Finalement, grâce à la présence de programmes, la campagne électorale se résume un peu moins à un concours de popularité et, à la fin du mandat, le citoyen a un outil pour porter un jugement sur les actions de la majorité sortante. Malgré leurs effets pervers, la présence de partis politiques aiderait considérablement à structurer la vie démocratique à Gatineau.
Ceci étant dit, un parti reste un moyen, pas une fin. Il y a donc une question fondamentale à laquelle il faut répondre avant même de penser à créer des partis : que voulons-nous faire de Gatineau? Quand on aura commencé à donner une réponse à cette question, un parti pourrait servir de lieu de rassemblement et d’action pour ceux et celles qui partagent cette vision. Agir autrement, c’est oublier que l’escargot produit sa coquille, mais que la coquille ne produit pas d’escargot.
100% d'accord
Lorraine LegaultArticle mis en ligne le 6 septembre 2007
Avoir des partis politiques municipaux veut dire avoir une vision à défendre et pour cela il faut en parkler et l'établir...
Une chance s'en vient pour les citoyens de s'exprimer sur tous les aspects du développement futur de leur centre-ville.
Un forum organisé par la CDEC de Gatineau aura lieu le 22 septembre prochain à la polyvalente de l'Île, de 8h30 à 15h00 et permettra à toutes les personnes intéressées d'exprimer leur vision du développement pour leur coin de la Ville.
Espérons que nos élus seront nombreux à participer, entendront les préoccupations de leurs concitoyens et seront prêts à agir pour le mieux-être de tous....