Elysia Torneria, Buz, alias Marc-André Mongrain, et Erik Virtanen.
Le noir et le blanc des Darling De Maes
Le groupe montréalo-gatinois Darling De Maes a une drôle et intéressante philo: si ses chansons peignent des toiles en noir et blanc, son attitude créatrice tire quant à elle sur le gris. Sans trop de grisaille, car à quoi bon sombrer dans la dépression quand on peut raconter des histoires tristes avec le sourire?
Le trio composé d'Erik Virtanen, Elysia Torneria et Buz, alias Marc-André Mongrain, possède une ouverture d'esprit sans borne. «Avant de commencer à enregistrer l'album (Winter Keep Us Warm), on ne savait pas jouer de la mandoline ou de l'harmonica. Je me suis acheté une mandoline et j'ai appris à en jouer juste pour une chanson!, admet Buz. L'approche du groupe est plutôt communiste; personne ne brille vraiment, on concentre nos efforts, on fait tout ce qu'on peut pour faire valoir la chanson.»
Buz indique que la formation n'hésitera jamais à faire appel à un musicien pour interpréter un seul son spécifique, si c'est exactement le son que Darling De Maes désire à cet endroit précis de la toune. «Nous voulons que ça se loge dans la tête des gens et que ça fasse des petits œufs. C'est comme ça qu'on fonctionne!», lance-t-il.
Décortiquons donc la carte de visite du trio, qui est surtout constituée d'histoires personnelles de l'auteur principal, Erik Virtanen, ou de réflexions profondes sur l'Alpha et l'Oméga de nos existences.
A Couple Of Schizophrenics: «Une chanson d'amour psychologique… En fait, tout le concept de l'album tourne autour d'une surface jolie sous laquelle il y a une histoire tordue. C'est très noir et blanc, comme la pochette, explique Buz. Cette histoire est née de la sombre imagination du chanteur (Erik). C'est l'image de deux amoureux qui sont dans un asile psychiatrique; la seule manière de pouvoir vivre leur amour est de se sauver…» Buz affirme que c'est la pièce préférée des auditeurs de 40 ans et plus, de par sa «belle surface» polie par de douces notes de mandoline. C'est aussi la plage qui joue sur les ondes radiophoniques.
Young Mothers: Inversement au premier titre, celui-ci est le plus accepté par les jeunes adultes et les médias alternatifs. «L'influence provient des années 50, c'est plus rythmé. Les gens apprécient la musique et la fragilité. Et c'était pas pensé comme ça, on l'a remarqué après…»
Before We Erase It: «Celle-là est plus smooth, c'est une chanson 'du fond de l'eau', claustrophobe. On chante à trois voix, c'est plus mollo, ça demande plus de patience, mais les paroles ne sont pas tordues. Ça parle de quelqu'un qui trouve son inspiration dans une muse…»
Into The Night (Part 1): Une pièce instrumentale composée par Buz qui a dû être coupée en deux, de là le «Part 1». Le musicien avoue que cinq minutes d'instrumental en show est très exigeant. Cependant, il n'est pas exclu que, lorsque les moyens le permettront, le morceau soit recollé! «J'ai pensé à une noyade. Comme si on s'en sortait et qu'on se 'renoyait'. C'est l'ironie de s'en sortir et de retomber…»
With A Magnifying Glass: «C'est une jolie histoire, ma préférée, glisse Buz. C'est un homme gelé (sans drogue!) qui reprend vie des années plus tard. Un homme qui se fait dégeler par le soleil qui brille dans une loupe et qui voit le monde autrement à travers la glace… C'est le concept de décrocher, de prendre de la distance, et quand tu reviens, tu vois les choses différemment.» La chanson a été écrite par Erik en Corée du Sud, où il est parti pendant un an pour justement… être dépaysé!
She Took Off Her Glasses: «Une autre chanson écrite en Corée. C'est un rendez-vous qu'il avait avec une maîtresse coréenne sur une plage avant de repartir. Il était obligé de partir et ils étaient forcés de ne plus se revoir…», raconte Buz.
In Love With Patty Duke: L'actrice oscarisée pour son rôle de soutien aux côtés de Anne Bancroft dans The Miracle Worker en 1962, a servi de modèle à Erik Virtanen. «Quand elle jouait un rôle, elle était toute jolie, heureuse, mais dans la vie, elle était une traînée!, s'exclame Buz. Son destin était contraire aux rôles qu'elle jouait…» Le noir et le blanc…
A Day In Her Life: «Ça finit comme ça commence! C'est une chanson cute, on sent que c'est joyeux, car on chante en harmonie. Mais c'est l'histoire la plus dégueu…» Celle d'une femme américaine qui a été victime d'un crime sordide: le psychopathe qui l'a assaillie lui a rentré un clou dans la tête et, non content de son forfait, l'a violée afin de profiter de ses derniers sursauts de vie!» Preuve que l'humanité est parfois abominable et… qu'il y a moyen de canaliser l'énergie positive pour chasser la noirceur. Tant que cela ne sert pas à cacher la poussière sous le tapis…
Le groupe sera en spectacle le 22 septembre au Mercury Lounge, 56, Byward à Ottawa, à 19h30. Infos:
www.darlingdemaes.com et myspace.com/thedarlingdemaesFR. L'album est disponible chez Musica Monette et chez CD Warehouse.