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Malgré le fait que la liste s’allonge…

Karine Régimbald par Karine Régimbald
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Article mis en ligne le 30 septembre 2007 à 16:09
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Malgré le fait que la liste s’allonge…
Le problème des algues bleues a pris des proportions démesurées cet été avec plus de 158 lacs infectés au Québec, ni plus ni moins le double de l’an dernier. Avec l’arrivée de l’automne, les inquiétudes de la population devant cet ennemi public n’ont pas diminué puisque les solutions ont tardé à se présenter. Même si le nombre de cours d’eau contaminés est outrageusement élevé la situation actuelle est, selon M. Charest «un problème sérieux», mais «pas une crise».
Quelques semaines plus tôt, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des parcs, Line Beauchamp, avait effectué une tournée des régions pour constater les dégâts et discuter des solutions à apporter dans le but de vaincre cette épidémie. Cependant, cette démarche n’a aucunement réussi à estomper la grogne des groupes écologistes, des médias et des citoyens frustrés de la détérioration continue des lacs et des rivières de la province. Malgré la gravité de la situation, le gouvernement de M. Charest est resté pratiquement inactif dans le dossier. Il a donc dû faire face à de nombreuses critiques de part et d'autre. Disons que son immobilisme notable en a fait sursauter plus d’un.

Pour réparer les pots cassés et ainsi tenter de regagner l’estime collective, M. Charest et son équipe responsable du dossier ont organisé une rencontre spéciale afin de répondre, finalement, aux revendications de la population et des groupes environnementaux. Des mesures plus contraignantes pour les riverains et les agriculteurs, voilà ce que réclament les partis.

Débutant cette semaine, le sommet sur les algues bleues tenu à Sainte-Adèle dans les Laurentides, était grandement attendu. Pour certains, cette rencontre était l’occasion de redorer leur blason et pour d’autres, le moment de crier au et fort le manque de rigueur des élus sur la question des algues bleues. À la table de concertation, les seuls organismes invités étaient des regroupements reconnus comme étant des amis et des proches du gouvernement: le regroupement des Conseils de l’environnement et ceux des bassins versants de la province.

Exclus des discussions, les groupes environnementaux n’ont pas tardé à réagir qualifiant cet affront de bâillonnement et de musellement. Selon eux, le gouvernement a peur d’avoir à subir les médisances des différents groupes de pression qui travaillent sur le dossier des cyanobactéries depuis près de 15 ans. Et pour cause, l’impopularité actuelle des décideurs les a poussés à écarter d’importants joueurs du discours.

Au cours de cette rencontre, la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp a annoncé l’adoption, dès cet automne, d’un règlement pour interdire les phosphates dans les détergents pour lave-vaisselle. À cela, s’ajoute la mise en vigueur d’un règlement concernant le rejet des eaux usées dans les embarcations de plaisance et le resserrement des mesures sur les fosses septiques des résidences isolées. En tout, un budget de 195 millions $ sur une période de 10 ans est accordé par le gouvernement pour rendre les 35 mesures proposées efficientes.
Utilisation de détersif sans phosphate
Sachant que le phosphate présent dans les détergents constitue une des causes de la prolifération des algues bleues, leur interdiction ne peut qu’aider les lacs à retrouver un peu de leur santé d’antan. Cet élément omniprésent est en fait responsable entre 5% à 20% des cyanobactéries dans les cours d’eau.

Le consommateur pourrait facilement acheter des savons biologiques sans phosphate. De nombreuses épiceries et magasins de produits naturels offrent ce type de détergents qui aident grandement la nature. De surcroît, de plus en plus d’épiceries offrent ce genre de produits sur leurs tablettes.

Au Canada, le règlement de ce problème, du moins sa réduction, passerait par la mise en vigueur d’une interdiction à l’échelle nationale de l’utilisation de produits contenant du phosphate. En ce moment, seule la bonne volonté des provinces compte dans la mise en place de politiques pour remplacer les produits phosphatés.

En juin, le Manitoba a légiféré en cette matière pour préserver ces espaces naturels. À titre d’exemple, aux États-Unis, certains états comme Washington interdisent la vente de détergents avec phosphate tout comme la Suisse d’ailleurs.
En Outaouais…
Cet été, en Outaouais, neuf lacs ont été affectés par les cyanobactéries. Bien que ce nombre semble peu élevé comparativement à d’autres régions, cela ne veut pas dire que la présence des algues bleues ne sera plus marquée dans le futur. Rien n’est à tenir pour acquis.

Certes, les citoyens doivent être consciencieux. Ils doivent prendre des initiatives par eux-mêmes. Cependant, comme dans toute chose, certains d’entre eux ont besoin de mesures restrictives pour agir de façon responsable. Les municipalités devront donc serrer la vis aux récalcitrants puisque le gouvernement provincial a remis entre les mains des villes la responsabilité d’imposer des règles pour ainsi assurer la survie des cours d’eau, de notre patrimoine. Une belle façon pour M. Charest de s’en laver les mains!

Karine Régimbald

Enviro Éduc-Action

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