Les tournées de spectacles, la récréation de Daniel Bélanger
«L'échec du matériel» à Ottawa
Lorsqu'il part en tournée, Daniel Bélanger a l'impression d'arrêter de travailler. Exit les futures chansons, les projets en chantier, le questionnement, il n'y a que la musique et le plaisir de jouer devant un public déjà conquis d'avance qui envahit l'esprit et le corps de Daniel Bélanger.
C'est donc avec un réel plaisir que Daniel Bélanger visitera la scène du Centre national des arts le 2 novembre prochain à 20h pour ce qui sera le septième spectacle de la tournée de l'album L'échec du matériel. «Il y a déjà cinq ans que je suis venu dans la région pour y présenter un spectacle. J'espère que les gens ont hâte de me voir, parce que moi, je suis content d'y revenir», affirme l'auteur-compositeur-interprète.
Même si le studio a ses avantages et ses petits plaisirs, Daniel Bélanger avoue entamer sa tournée qui le mènera aux quatre coins du Québec à plus de 100 reprises avec le plaisir d'un écolier qui se prépare pour la récréation après une rude période d'études. «J'arrête de travailler, puis la tournée est une partie du métier pour laquelle je l'exerce. Pas nécessairement la plus intéressante, mais la plus naturelle pour moi. On va voir le public, on joue pour lui et c'est toujours intriguant à chaque soirée. Chaque public est différent… Les tournées, c'est faire la fête! Je pars chanter L'échec du matériel et c'est très agréable.»
Si Daniel Bélanger a l'habitude de laisser la place surtout pour ses nouvelles compositions, il se permet aussi de visiter des incontournables de sa carrière. «Comme la pièce Cruelle que je n'ai jamais fait en spectacle. Elle était plus rock sur Quatre saisons dans le désordre, mais là, ajoutée dans l'atmosphère du nouvel album, elle prend une toute nouvelle signification et un nouveau son.»
«Dans le fond, préparer un spectacle, c'est comme faire la cuisine. Il y a quelque chose de chimique qui se passe. Parfois, tu mets de la cannelle dans certains plats et l'épice ne goûte pas la même chose. C'est la même chose avec les chansons…», compare Daniel Bélanger. Certaines pièces n'ont aussi plus la même signification pour l'artiste et ne correspondent plus à son état d'esprit actuel. Comme c'est le cas pour Sèche tes pleurs: «Je me vois mal chanter cette chanson qui n'a plus le même sens à 45 ans qu'elle l'avait à 30 ans.»
Misant toujours autant sur la musique et une mise en scène soignée, Daniel Bélanger ajoutera quelques effets spéciaux. «J'ai toujours un souci du côté esthétique du spectacle, mais quand même, on ne parle pas ici d'effets pyrotechniques, mais bien de quelques effets scéniques.» L'artiste sera entouré de six musiciens, soit un de plus qu'à sa dernière tournée Rêver mieux.
Le soir du spectacle au CNA, comme à son habitude, Daniel Bélanger aura peu mangé au cours de la journée et ressentira davantage d''excitation à l'idée de monter sur la scène que le fameux trac. «J'ai peu ou à peu près pas le trac avant mes spectacles. Pour tous ceux qui disent que ça prend un grand trac pour donner de grandes performances, alors pour moi ça ne fonctionne pas. À moins que je sois très mauvais et que personne ne me l'ait dit, affirme en riant Daniel Bélanger. Pour moi, le trac est un empoisonneur d'existence.»
Il n'y aura donc que le plaisir d'être là et de partager un moment privilégié avec son public, qui ne ménage généralement pas les commentaires élogieux à son égard. Le babillard de son site internet est d'ailleurs rempli de marques d'affection, d'encouragements à poursuivre pour tout le bonheur que procure sa musique dans leur vie. «Aujourd'hui, je trouve ça plutôt flatteur. Mais au début de ma carrière, de savoir ça, ça me faisait peur d'avoir autant d'importance dans leur vie. Maintenant, je comprends que ça leur fait du bien et c'est agréable de savoir que mes chansons deviennent des trames sonores de leur existence.»