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Un château en briques rouges… qui cache bien des secrets

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 19 octobre 2007 à 15:55
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Un château en briques rouges… qui cache bien des secrets
Le Château d’eau de Buckingham a été construit il y a 114 ans, sur la rive est de la rivière La Lièvre.(Photo: Daniel LeBlanc)
Un château en briques rouges… qui cache bien des secrets
Même s’il est fermé depuis 31 ans, le Château d’eau de Buckingham attire encore bien des regards lorsqu’on se promène sur les berges de la rivière La Lièvre. C’est dans cette optique que La Revue a rencontré la présidente de la Société d’histoire de Buckingham (SHB), Lucie Brazeau, pour tracer un petit historique de ce bâtiment qui a vu le jour en 1893.
Toute l’histoire commence alors que le conseil municipal de Buckingham de l’époque décide de créer un comité d’étude pour mettre en marche le projet de construction d’une usine de pompage, élément principal du système d’aqueduc dont la Ville veut se doter, en plus d’une possibilité de produire de l’électricité. Après l’adoption d’un règlement qui permet de relâcher l’argent nécessaire ainsi qu’une consultation publique, les travaux de construction ont pris leur envol.

L’aqueduc, la centrale et le réseau d’électricité construits, l’administration municipale propose à Albert et Alexander Mclaren de prendre en main la distribution de l’électricité à Buckingham, ce qu’ils acceptent, promettant même de mettre en place un service un tramway dans les rues de la ville avant le début du 20e siècle. En échange, la municipalité leur donne le monopole de la distribution d’électricité et exempte le futur tramway de taxes municipales pour 30 ans.

Après quelques années de jeu du chat et la souris ainsi qu’une poursuite contre la Ville en Cour supérieure dans le domaine de la distribution d’électricité, le Dr Wolfe J. Costello, échevin et prôneur de la municipalisation de l’électricité, devient le premier surintendant du réseau d’électricité. Le nouveau nom: Hydro-Buckingham. Dans les années 40, la ville de Buckingham, maintenant propriétaire des installations, entreprend un processus de modernisation du réseau, dont le Château d’eau fait partie.

Ce que peu de gens savent, c’est que la petite centrale fournit de l’électricité aux résidents des environs jusqu’en 1976. Après avoir décidé de s’approvisionner en électricité auprès des grandes centrales hydroélectriques construites dans les années 70, la municipalité envisage de revenir sur sa décision et de rouvrir l’édifice, mais le projet n’a jamais eu de suite. En 1975, on construit une nouvelle usine de traitement des eaux, ce qui entraîne la désaffectation de la station de pompage. Ce n’est que treize ans plus tard, en 1988, que le réseau électrique est vendu à Hydro-Québec.

Depuis quelques années, au grand dam des historiens, on a vu apparaître quelques graffitis sur les murs du Château d’eau. «C’est l’une des raisons pourquoi on voulait en faire un centre d’interprétation et qu’il y ait des activités», note Mme Brazeau, qui croit que les environs seraient moins invitants pour les graffiteurs. «Lorsqu’on a proposé le projet, une grande partie de la population était impliquée et beaucoup veulent que ce soit restauré», ajoute-t-elle.

Le patrimoine et l’histoire ont beau être la préoccupation principale d’un organisme comme la Société d’histoire de Buckingham, est-ce que c’est le cas pour une bonne part des citoyens et des autorités? «Le patrimoine et l’histoire, ce ne sont pas des milieux toujours très lucratifs au départ, on a de la difficulté quelquefois à se faire reconnaître et à obtenir du soutien. On souhaite en parler plus», de dire Lucie Brazeau. Aussi étonnant que cela puisse paraître, une membre honoraire de la SHB, Danielle Dionne, a même déjà écrit un poème en lien avec cet édifice, appelé La complainte du Château d’eau.

Depuis deux ans, c’est la compagnie Boralex Énergie qui est propriétaire de ce bâtiment, qui, malgré son histoire, est encore peu connu des citoyens. À l’été 2006, l’entreprise a même annoncé qu’elle avait l’intention de construire une nouvelle centrale hydroélectrique et un nouveau barrage tout près du Château d’eau, s’engageant du même coup à revamper l’extérieur de la bâtisse. Un sentier ainsi qu’une piste cyclable côtoient maintenant cet édifice, mais on procédera au rehaussement du niveau de ceux-ci par rapport au cours d’eau lorsqu’on procédera aux travaux. «On souhaite vraiment qu’il y ait une revitalisation extérieure pour le maintien de l’histoire», conclut Mme Brazeau, qui n’a aucune idée si le centre d’interprétation sur l’électricité passera un jour de rêve à réalité…

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