Le dépotoir de Cantley, une histoire se termine enfin!
Les environnementalistes et les citoyens de la région ont pu créer victoire cette semaine en raison de la fermeture du dépotoir de matériaux secs de Cantley (DMS). Après une lutte chaudement menée par les différents partis, les résidents ont finalement eu gain de cause. Cette bataille s’était amorcée plusieurs années auparavant.
Officiellement rendue mercredi matin, la décision du Tribunal administratif du Québec (TAQ) est dorénavant sans appel, le dépotoir de matériaux secs de Cantley fermera ses portes. Ce verdict donne raison au ministre de l’Environnement de l’époque, Claude Béchard, qui avait révoqué le certificat d’autorisation du dépotoir en septembre 2006.
Ignorant les requêtes du ministère de l’Environnement, en l’occurrence les «critères d’air ambiant, les délais pour l’installation du système du captage des biogaz, l’installation du recouvrement étanche, l’installation et la mise en fonction du système de traitement des biogaz, la mise en place du recouvrement final», les propriétaires avaient porté le dossier en appel devant le TAQ.
En 2005, Thomas Mulcair, ancien ministre de l’Environnement sous les libéraux, avait aussi demandé aux gestionnaires du dépotoir, Gilles Proulx et Denzil Thom, de se conformer aux normes environnementales. Il leur avait d’ailleurs accordé différents sursis pour apporter les modifications nécessaires au site. Malheureusement, les tenanciers du terrain avaient refusé de se conformer aux différents règlements de la Loi sur la qualité de l’environnement.
Les déboires du dépotoir de Cantley remontent cependant à beaucoup plus loin puisqu’en 1995, le permis d’exploitation de la compagnie 2332-4197 Québec inc. avait été temporairement révoqué par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Au fil des ans, près de 17 enquêtes ont dû être menées sur ce terrain. Malgré ces démarches, le DMS a continué de fonctionner.
Les multiples transgressions à la loi de la part des gestionnaires ont fait sursauter les résidants plus d’une fois. Et pour cause, des émanations d’odeurs nauséabondes contenant des gaz toxiques comme le sulfure d’hydrogène ont été à l’origine de l’inquiétude des citoyens vivant en bordure du site. Malgré cette menace imminente pour la qualité de l’air environnant et pour la santé des gens, et les nombreux avertissements du ministère de l’Environnement, les propriétaires fautifs ne voulaient aucunement entendre raison. En fait, ils ont toujours fermé leurs yeux (et probablement pincer leur nez) devant le problème.
La compagnie est même allée jusqu’à faire pression sur les citoyens en ayant recours au SLAPP (Strategic Lawsuits Against Public Participation), une stratégie qui vise à faire taire les citoyens par des poursuites aux sommes mirobolantes. Dans le cas qui nous intéresse, ces sommes étaient d’abord de 750 000$ pour ensuite monter jusqu’à 1,25 million de $.
Finalement, les gestionnaires n’auront pas réussi à museler les citoyens en droit d’exiger la fermeture du dépotoir qui nuisait à leur santé. Depuis plusieurs années, de nombreuses compagnies polluantes utilisent les poursuites-bâillons afin de priver les gens de leur liberté d’expression. Ces personnes se battent pourtant pour protéger l’environnement fragilisé par les décennies d’abus. C’est une lutte hautement légitime considérant la crise climatique actuelle. Malgré cela, le gouvernement n’a toujours pas légiféré. Défendre les citoyens en légiférant en la matière constitue à la fois un appui à la liberté d’expression, un droit garanti dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, mais aussi un soutien à la cause environnementale. Agissons dès maintenant !