Jag et Steve ont créé un lien ensemble.
Quand un cheval peut aider à surmonter une situation difficile…
François Reid habite Notre-Dame-de-la-Salette depuis quelques années. En 2002, il a décidé de s'intéresser à quelque chose qui se passait tout près de chez lui, au Centre des liens. C'est ainsi qu'il a fait connaissance avec Steve, douze ans, sourd et presque totalement aveugle et de Jag, le cheval qui a permis à ce dernier de mettre un peu plus de lumière dans sa vie parfois difficile.
Steve a été le premier enfant à expérimenter l'approche de la «thérapie à la marche dans le sable avec le cheval». Ayant longtemps travaillé à Montréal en production télévisuelle et cinématographique, François Reid a décidé, à ce moment-là, de faire un documentaire sur cet approche hors du commun, utilisé pour aider Steve à sortir de son isolement. «J'ai fait trente heures de tournage pour trente minutes de documentaire», raconte-t-il.
Au départ, il avait pensé faire appel à une équipe de professionnel, une idée qu'il a vite abandonnée, notamment à cause des coûts qui auraient été reliés à une telle production, mais aussi à cause du caractère moins intimiste d'une grosse équipe. Il a ainsi décidé d'apprendre à utiliser une caméra numérique et a tout fait lui-même, de la réalisation à la caméra en passant par le son et le montage.
Après cinq ans de travail, dont trois ans de tournage, il en est arrivé à un résultat qu'il juge très satisfaisant. «L'an passé, j'avais fait une version d'une heure, mais je n'étais pas satisfait, alors j'ai tout recommencé le montage», se souvient M. Reid.
En ayant filmé le tout avec une seule caméra et non pas une panoplie d'équipements techniques, l'intrusion de la caméra est pratiquement indécelable. «Les gens oubliaient que j'étais là», raconte-t-il.
S'il s'est concentré sur l'approche de zoothérapie avec le cheval, c'est parce qu'il ne voulait pas trop entrer dans l'intimité de l'enfant. «Entre 2002 et 2005, j'ai vu plein de choses. J'ai vu un lien se créer entre l'enfant et le cheval», explique François Reid.
Selon ce dernier, le cheval a permis à Steve de sortir un peu de son isolement, et par son entremise, créé un pont avec les humains. Il réussissait à établir un contact à l'extérieur de lui. «Par exemple, après sa première rencontre avec Jag, quand il est revenu au Centre Jules-Léger (une école spécialisée, entre autres dans la surdité et la cécité, à Ottawa) ce soir-là, il a fait la vaisselle d'un bout à l'autre, ce qu'il ne faisait pas nécessairement avant», de dire le producteur-réalisateur.
Maintenant âgé de seize ans, Steve a terminé sa thérapie à la marche dans le sable avec le cheval, ce qui lui a permis de retrouver un peu de lumière et de sortir un peu de son isolement. «J'ai atteint mon objectif. Je voudrais que les gens retiennent de ce documentaire qu'il y a une autre façon d'aborder la maladie et les traumatismes que par le système conventionnel. Le cheval est un animal particulier. Il se passe réellement quelque chose avec l'enfant», soutient-il.
Pour François Reid, ça a aussi été l'occasion de se faire un petit cadeau comme réalisateur. «J'avais de la liberté et je me suis permis de faire quelque chose en tant qu'auteur et réalisateur, souligne-t-il. C'est le contraire d'une production organisée.»
Le Centre des Liens de Notre-Dame-de-la-Salette permet aux gens avec une souffrance intérieure, des maux et des troubles physiques ou émotionnels ou à la recherche d'eux-mêmes de bénéficier de la présence d'un cheval pour réparer leurs blessures, par différente approche.
Le film sera présenté le vendredi 16 et le samedi 17 novembre, au Café des artistes de La Lièvre, à 20h. Pour informations: 819 281-1987 ou cafedesartistesdelalievre@bellnet.ca. Les intervenants du film seront sur place pour répondre aux questions du public.