Le stress existe aussi chez l’enfant…
Stéphanie Bolduc-Ma. Ps.Ed.
On se questionne souvent face aux diverses réactions que peut présenter un enfant sans nécessairement s’arrêter à la source même du problème: irritabilité, saut d’humeur, fatigue démesurée, difficulté à dormir, mal de tête, maux de ventre, rougeur à la peau, changement d’attitude, etc…
Pourtant ces manifestations peuvent toutes être associées à des symptômes de stress…Il ne faut pas sous-estimer l’impact que le stress peut avoir chez l’enfant. Quoiqu’on puisse en penser le stress semble être un malaise de plus en plus croissant dans notre société. Bien qu’il puisse être positif, lorsqu’il est cumulé ou mal géré, le stress peut occasionner des effets négatifs voire même destructeurs.
Qu’entend-on par STRESS
Le stress fait appel à notre capacité d’adaptation face à notre environnement (en regard des conditions, des changements, des événements de vie. Il peut être associé à des situations du quotidien ou encore à des événements majeurs qui se produisent dans notre vie. Il peut également être défini comme une réaction face à une circonstance que l’on juge menaçante. En fait, tout dépend de la façon dont chaque individu associe, comprend ou perçoit la situation en regard du moment ou en référence à des expériences passées. Peu importe que le danger soit réel ou non, les répercussions sont réelles et se font ressentir tant au niveau physique que psychologique. Et quoi qu’il en soit, le corps humain ne fait guère la distinction entre le stress positif et le stress négatif d’où l’importance de gérer efficacement celui-ci.
Qu’est-ce qui peut causer le stress?
Le stress chez l’enfant on en parle peu mais il est bel et bien présent. Plusieurs éléments peuvent en être une source potentielle. Certains peuvent être considérés comme des événements majeurs, d’autres comme des situations quotidiennes. Voici quelques exemples: une séparation ou divorce, un déménagement, un changement d’école, l’arrivé d’un frère ou d’une sœur, la performance ou les difficultés scolaires, toute forme de violence (verbale, physique ou psychologique), des attentes trop élevées ou une pression de la part des adultes et/ou des pairs, la perte d’un proche, une maladie chronique, traumatisme sexuel ou physique, l’appréhension d’une punition ou d’une récompense, la peur de l’échec, etc. On le constate donc, chaque événement peut être ou devenir un élément stresseur. Toutefois, il ne faudrait pas oublier de mentionner l’un des principaux facteurs de stress chez l’enfant : le stress du parent ou le stress familial. Que ce soit de façon consciente ou non, même si vous tentez de dissimuler ce stress, l’enfant le ressent et le vit.
À chacun son stress
Face au stress, chaque enfant y répond de façons différentes. Soit qu’il y fait face en s’adaptant facilement aux divers changements ou encore qu’il y trouve une source de stimulation. Soit qu’à la moindre dérogation de routine ou de changement dans son environnement, cela provoque chez lui une insécurité pouvant l’amenant à développer des réactions inhabituelles (régression vers des comportements immatures, agressivité, se ronger les ongles, sucer son pouce, fabulation, mutisme, rire nerveux,etc.).
Même si l’enfant semble démontrer une bonne capacité à y faire face, il faut quand même rester alerte car lorsque le degré de stress est trop intense ou qu’une accumulation trop importante survient cela peut causer un surplus de stress et c’est à ce moment là qu’apparaîtront les symptômes pouvant créer des malaises ou encore amener l’enfant à dysfonctionner dans son quotidien.
L’on doit apprendre à observer et à être attentif à toute modification de comportement ou encore d’attitude chez l’enfant, cela permettra de mieux cibler les moments où il vit une situation stressante ou nous pister sur l’élément déclencheur de son stress. Ainsi, vous pourrez être en mesure d’aider l’enfant à adopter la meilleure façon d’y réagir et de trouver des moyens pour l’aider à gérer ou mieux composer avec son stress. À cet effet, des pistes vous seront suggérées dans la prochaine chronique. Vous avez des questions ou des commentaires suite à cette chronique: courrier.stephanie@gmail.com