Jean Aubry présente cette année son Guide Aubry 2008 ,
qui se consacre pour la troisième année aux 100 meilleurs vins à moins de 25$.
Un guide pour aiguiller les 'consommacteurs' vinicoles
Le guide Aubry 2008
Question de maintenir le cap, Jean Aubry présente plusieurs nouveautés pour son guide des 100 meilleurs vins à moins de 25$ pour l'année 2008. Ainsi, on retrouve les flops, les meilleurs vins munis de bouchons dévissables, les meilleurs vins bio, des rencontres avec de nouveaux vignerons et aussi un guide plats et cépages fort utile!
«C'est un guide qui évolue au fil des contacts et surtout des courriels des lecteurs. Il suit également l'évolution du marché de la Société des alcools (SAQ)», explique Jean Aubry.
Depuis trois ans, Jean Aubry utilise la formule des palmarès pour offrir aux amateurs un guide facile à consulter dans un format pratico-pratique. Chaque année, Jean Aubry déguste plus de 1300 échantillons de produits différents qui se retrouveront sur les tablettes de la SAQ au courant de l'année à venir.
Au cœur de ces dégustations, le souci d'offrir une analyse juste des vins disponibles. L'équilibre en est le thème central, alors que les fourchettes de prix en sont un secondaire. «Il y a de très bon vins à moins de 10$», affirme M. Aubry, qui cote également les vins selon l'ambiance, soit «copain», «détente», «amoureux» et «quotidien». «Suffit simplement de tenter l'expérience et je crois que le palais des consommateurs québécois est devenu de plus en plus exigeant avec les années. Il sait ce qu'il aime et ce qui est bon.»
«Encore une fois cette année, 50% de mes bouteilles dégustées l'an passé n'ont pas passé la rampe, précise M. Aubry. Donc, des vins qui étaient dans le guide l'an dernier n'y sont pas cette année. J'ai aussi dû inclure mes 10 flops de l'année car il y a encore des vins qui volent la place sur la tablette de bons vins. Je souhaite avoir à ne pas le faire l'an prochain. Mais, en même temps, le consommateur aime le savoir et il aime aussi que le spécialiste se prononce. C'est l'autre côté de la médaille.»
Cette année, Jean Aubry a été agréablement surpris par les vins bio qui sont de plus en nombreux à se retrouver sur les tablettes de la SAQ. «C'est une tendance marquée et j'attendais de mesurer l'impact chez les gens avant de me lancer. Puisque la gamme s'élargit, je trouvais que c'était un créneau important et intéressant à souligner. Toujours guidé par la recherche de l'équilibre, les vins bio sont bons et surtout, ils se digèrent bien», conclut le spécialiste.
M. Aubry laisse aussi la place à son palmarès des vins munis de bouchons dévissables. «Les vignerons n'attendent que ça, que le public accepte le bouchon dévissable pour l'utiliser davantage», affirme Jean Aubry. L'idée fait son chemin chez le consommateur, si bien que M. Aubry y consacre un chapitre. «Surtout quand on sait que la majorité des retours est causé par le bouchon de liège, on a intérêt à passer par-dessus nos préjugés.»
Jean Aubry signe également un éditorial en début de guide qui porte à réfléchir sur la place que le consommateur occupe dans la sélection disponible à la SAQ. «Je suis là, entre autres, pour tenir le consommateur au courant des faits et gestes de la SAQ. C'est ainsi que le 'consommacteur' comme je l'appelle, à un pouvoir de décision bien plus grand qu'il le croit. Dans le simple fait d'acheter un tel produit, il impose son choix. Acheter, c'est voter, dit-on! Donc, de là l'importance d'encourager les petits vignerons qui n'ont pas nécessairement la facilité d'accès à la promotion des grosses maisons. Sinon, les petits vignerons risquent de disparaître de nos tablettes avec leurs produits de qualité», souligne l'expert.
Aubry va plus loin en parlant de la SAQ comme un monopole qui se comporte comme une entreprise privée, avec le rendement en tête de liste. «On demande d'immenses quotas de production et des enveloppes de promotion qui profitent aux grands producteurs, mais qui offrent davantage de produits plus homogènes et sans surprise. Ce qu'on ne veut pas et qui ne sert à rien dans le cas de la rédaction de guides comme le guide Aubry qui tend à faire ressortir les particularités de différents vins. De mon point de vue, la SAQ devrait favoriser et importer le meilleur vin du monde à bons prix pour le consommateur et sans étrangler le producteur. Il n'y a que le consommateur qui est le pouvoir de changer tout ça», estime Jean Aubry.
qui se consacre pour la troisième année aux 100 meilleurs vins à moins de 25$.