Silence en coulisses, on retourne!
Le Trillium n'avait pas le choix: Silence en coulisses de Michael Frayn est trop populaire! Cette comédie qui en déshabille une autre fait un deuxième tour de piste à La Nouvelle Scène du 13 au 24 novembre.
La metteure en scène et directrice artistique du Trillium, Sylvie Dufour, est dépassée par les événements; le bébé qu'elle a mis au monde avec ses collaborateurs a grandi très vite! La raison est simple: peu de textes ont montré une production qui se construit devant le public, avec son décor et son envers.
«C'est un espèce de reality show des temps modernes. On trompe le public, on est toujours en train de revirer les situations! Il y a de la confusion parce qu'on appelle les comédiens par leur nom. On semble alors dévoiler des choses, mais ce n'est qu'un autre coup de théâtre!», explique Sylvie Dufour.
Le premier acte est une comédie classique, un show de portes, un vaudeville complètement éclaté où les rires fusent. Le second est ce qui se déroule en coulisses pendant le premier acte. Et c'est là que le délire débute pour vrai, même pour ceux qui avaient été conquis par le départ canon.
Le dernier acte est la suite logique de la deuxième: alors que le décor est revenu du «bon» côté, les comédiens en sueur tentent de se remettre. «On rit, on rit, ça n'a pas de bon sens! C'est très facile de s'approprier le troisième acte. C'est une gang d'acteurs qui veulent sauver le show… mais il ne faut pas oublier le public!», précise Sylvie Dufour.
En effet, la pièce devient si immense et folle que même les interprètes pourraient être dévorés tout cru… «L'humour est important, c'est une charge à fond de train, mais le concept aussi. C'est une équation gagnante, car c'est parce que tu as vu l'arrière que ça vient comique en avant.»
Et cette dynami(te)que ne s'essouffle pas malgré les deux nouveaux comédiens qui entrent en scène pour cette deuxième mouture en remplacement de Richard Bénard et Marc Marans. Constant Bernard et Vincent Poirier se sont glissés avec plaisir dans leur rôle respectif, au grand plaisir de Sylvie Dufour. Tous les autres, Stéphane Guertin, Geneviève Lefebvre, Chanda Legroulx, Stéphanie Kym Tougas, Nathaly Charrette, Benjamin Gaillard et Gilles Provost, sont de retour.
Un show d'été?
Vœu pieu, rêve inaccessible, la metteure en scène répond: «C'est difficile de dire si on va faire plus gros. Regarde, 15 secondes a duré cinq ans, mais on l'avait jamais prévu. Mais oui, ça pourrait être un show d'attraction touristique en période estivale. Ce serait un gros investissement, mais je ne dis pas non, c'est un beau rêve», admet Sylvie Dufour.
«C'est un gros décor. Je pense que je me suis permis de le faire parce que j'étais une salle fixe. Je me suis donné cette liberté au Trillium. Mais si j'avais eu dans l'optique de le tourner, je pense que je ne l'aurais pas fait…»
À voir ou revoir à La Nouvelle Scène du 13 au 24 novembre, à 20h.