Pratiquer le karaté de Gatineau à Dakar
Ce sera jour de départ, le 27 novembre prochain, pour Daniel Beaudry et son acolyte, Michel Ismaël Gueye, deux passionnés de karaté qui iront poursuivre le travail déjà entamé ici et là-bas par l'Association de la Fraternité des Arts Martiaux, dont l'objectif principal est de permettre des échanges internationaux entre des experts du karaté.
Pour M. Gueye, il s'agira d'un retour aux sources, puisqu'il est né au Sénégal. D'un autre côté, il s'agira d'un cinquième séjour en sol africain pour Daniel Beaudry, qui, de son propre aveu, ne pensait jamais mettre les pieds sur ce continent! Mais un concours de circonstances a changé sa façon de voir les choses…
En 2004, un karatéka sénégalais est entré en contact avec lui par courriel. Ce karatéka espérait en fait que Daniel devienne son entraîneur. Après quelques mois de discussions "en ligne", M. Beaudry décide de se payer un voyage au Sénégal, en compagnie de deux de ses étudiants.
«Il y a beaucoup d'écoles de karaté là-bas, mais ils n'ont pas les moyens de faire venir des experts étrangers», explique-t-il.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le karaté a une place d'importance en Afrique. Au Sénégal, il s'agit du troisième sport le plus pratiqué. Mais les experts se font rares, et c'est ce problème qu'ont voulu régler Daniel Beaudry et son homologue sénégalais, les deux cofondateurs de l'Association.
«En fondant ça, j'étais un peu naïf, je ne pensais pas que ça allait intéresser autant de monde», explique M. Beaudry. […] On s'est rendu compte que l'association était un réel besoin une fois qu'on la créée.»
Il insiste d'ailleurs beaucoup sur le terme d'échange. «Ce n'est pas nous qui montre tout», précise-t-il. La preuve, le cofondateur de l'Association, ce Sénégalais à l'origine du projet, a fait un séjour au Québec en mai 2006, et sera probablement de retour en avril prochain.
L'Association, qui est ouverte à tous les arts martiaux, grandit aussi. Après un séjour de trois semaines au Sénégal où Michel Gueye, de la karatéthèque, accompagnera son ami et collègue Daniel Beaudry, ce dernier partira seul pour un court séjour en Côte d'Ivoire, un pays qu'il visitera pour la deuxième fois.
L'objectif n'en est pas un de financement. De ce côté, les Africains rencontrés se débrouillent très bien. «Il faut comprendre que le karaté ne demande pas beaucoup d'équipements», mentionne M. Beaudry, précisant que la plupart d'entre eux fabriquent leurs propres habits de karaté et que certains des cours se déroulent à l'extérieur, tandis qu'à d'autres endroits, des locaux bien aménagés accueillent les karatékas.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, quand la langue devient une barrière, c'est le langage japonais qui permet de surmonter les obstacles entre les karatékas! «Avec les termes japonais, il n'y a pas de troubles. Les mots japonais m'ont dépanné pas à peu près, et je ne parle pas japonais!»
En juillet 2008, un groupe de Gatinois se rendra au Sénégal, pour pratiquer le karaté avec des Sénégalais, mais aussi pour découvrir le pays. Entre temps, Daniel Beaudry espère poursuivre le travail déjà effectué et le transporter vers d'autres pays africains, en espérant attirer des experts d'ici, d'Europe et d'ailleurs. Déjà, l'Association regroupe 2000 membres…