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Avec «La sœur de Judith», l'auteure Lise Tremblay propose un voyage dans la peau et les pensées d'une jeune fille à l'aube de l'adolescence.
Empreinte d'une rue, d'une ville, d'une époque…
Lise Tremblay présente «La sœur de Judith», son cinquième roman
Il y a une quinzaine d'années que l'auteure Lise Tremblay gardait en elle la genèse de ce qui allait devenir son cinquième livre La sœur de Judith. Une histoire qui nous transporte dans les bouleversements du début de l'adolescence et de la perte d'une certaine innocence.
Chicoutimi-Nord dans les années 70, une petite fille de 11 ans se prépare à passer un été avec sa meilleure amie Judith à parler de la vie quotidienne du quartier, à garder chez les voisins, à éviter que sa mère n'explose pour rien et surtout à vivre par procuration la vie de Claire, la grande sœur de Judith, la plus belle fille du coin qui est finaliste pour un concours qui lui permettrait de participer en tant que danseuse à la tournée d'adieu des Sultans et surtout de rencontrer le beau Bruce Huard.
«Je n'ai pas voulu que la narratrice soit une enfant. Je savais que ce serait plus difficile et ce fut difficile. C'est très exigeant, car on doit trouver le ton juste et toujours se demander si on est allé trop loin et on ne veut surtout pas que ce soit plate», explique l'auteure de La Héronnière. «Il y a aussi une certaine naïveté que l'on a à 11 ans, mais qu'on n'a pu à 50 ans!»
L'auteure a donc mis un soin particulier à trouver ce fameux ton. «Parce que si ça était mauvais, tout était raté. En tant qu'auteur, on aime bien se mettre sur la corde raide. Mais là…»
Alors que les souvenirs personnels s'entremêlent aux événements fictifs de l'histoire, Lise Tremblay admet avoir effectué un véritable retour dans le temps. «Il y a des souvenirs qui me sont revenus, des événements dont je me suis rappelée, mais qui ne se retrouvent pas nécessairement dans le livre. Habituellement, je peux passer de l'écriture à une conversation téléphonique sans problème, mais là, lorsque je terminais d'écrire vers 10h30, à tous les matins, j'avais besoin de quelques minutes pour revenir dans la réalité. Comme si je devais reprendre contact avec le temps présent.»
Inspirée par Rue St-Urbain de Mordecai Richler et Rue Deschambault de Gabrielle Roy, Lise Tremblay a voulu situer son roman dans ce microcosme qu'est la rue. Les chicanes entre voisins, les ragots du voisinage et il faut se rappeler qu'on est en plein Québec d'après la Révolution tranquille. «Encore là, quand tu étais belle, tu avais plus de chances de faire un beau mariage avec quelqu'un de rang social plus élevé», rappelle Mme Tremblay.
Au cœur de cette histoire empreinte de références dans le temps et les lieux, Lise Tremblay a recherché une vérité dans les émotions. «J'ai tenté de faire vivre les émotions d'une jeune de 11 ans qui a peur d'entrer au secondaire. Celle d'une jeune fille de 11 ans qui perd peu à peu sa meilleure amie. Celle qui admire la plus belle fille du quartier, parce que la plus belle fille du quartier c'est la personne la plus importante qu'on connaisse à cet âge-là. Je raconte l'histoire d'une jeune fille qui au bout d'un été à une conscience différente du monde qui l'entoure.»
Contre toutes attentes, La sœur de Judith trouve un écho chez des lectrices de tous âges. «Moi, je croyais qu'il allait surtout intéresser des vieilles comme moi, affirme en riant l'auteure. Mais, je constate qu'il plaît beaucoup aux jeunes et j'en suis bien contente.»