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Faut pas exagérer!

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 25 novembre 2007 à 22:20
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Faut pas exagérer!
Le 22 novembre dernier, j’ai eu un choc. Dans sa première page (c’est important une première page!), le Droit nous annonçait que la conseillère Louise Poirier avait dépensé 2 234 $ pour suivre une formation.
Sachant que c’est une personne honnête, je me suis dit que le problème devait être grave pour que le Droit mette la nouvelle en première page. Mais non. C’était une formation liée à son travail. Une formation dont le coût respecte les budgets alloués. Une formation endossée par tout le conseil. Et une formation justifiée par de puissants arguments. Question : combien de fois par millénaire les journaux associent-ils en première page le nom d’un politicien à une dépense minime… justifiée? Jamais. On ne parle pas en première page de la moitié d’un cent millième du budget d’une ville si la dépense est honnête. On le fait seulement quand la dépense est douteuse. La fausse nouvelle du 22 novembre est, de la part du Droit, ce qu’on appelle un coup bas, très bas.

Ce genre d’article vient d’une vision primaire que certains ont de la politique. On veut que Gatineau soit un modèle pour les autres villes… mais on ne veut pas que les élus aillent voir ce qui se fait à l’étranger. On veut que l’harmonie règne au conseil, mais on refuse que les conseillers partent en lac-à-l’épaule à l’extérieur. On veut qu’ils répondent aux appels et aux courriels des citoyens dans la minute, mais on critique le fait qu’ils aient des Blackberry. On veut que les politiciens consultent la population, les acteurs du développement, les organismes du milieu, etc., mais on ne veut pas qu’ils aillent faire une partie de ce travail au restaurant. On veut qu’ils travaillent 24 heures par jour mais on les méprise de sacrifier leurs familles. En lisant mon journal, en ce 22 novembre, je me suis dit que si on ne voulait pas d’élus, qu’on le dise. Mais que si on en voulait, il fallait leur donner les moyens de travailler.

Mais le plus drôle…

Mais le plus drôle dans tout ça, c’est que, cette semaine, les élus sont en train de débattre, entre eux, des enjeux budgétaires de l’an prochain. Et on ne parle pas de 2234$. On parle de 400 millions de dollars. Pourtant on ne sait pas ce que le maire a en tête. On ne sait pas ce que les conseillers ont en tête. On ne sait pas si des visions s’affrontent ou si, au contraire, les seuls affrontements sont entre 17 conseillers qui veulent uniquement financer leurs projets locaux. Il y a là matière à faire beaucoup de recherches et quelques premières pages. C’est 400 millions de fois plus important que de parler d’une formation justifiée.

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