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Les Québécois sont trop occupés pour faire du bénévolat?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 3 décembre 2007 à 15:49
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Les Québécois sont trop occupés pour faire du bénévolat?
Le bénévolat a du plomb dans l'aile au Québec. Mauvaise passe ou cancer généralisé?
Les Québécois sont trop occupés pour faire du bénévolat?
Ahhhhhh, le sondage. N'est-ce pas un merveilleux miroir censuré dont le reflet nous aveugle de honte ou de fierté? Le dernier qui pourrait attirer notre attention est celui mené à l'échelle nationale en novembre pour la firme Workopolis sur le bénévolat… Et, comme dans plusieurs domaines sociaux (suicide, célibat), le Québec arrive bon dernier dans les stats! Wow, une autre chandelle éteinte pour fêter la Journée internationale des bénévoles le 5 décembre!
Définition du bénévolat: le fait de donner, en marge de son travail, de son temps gratuitement pour une personne, une cause ou une organisation. Accompagner une personne âgée à ses rendez-vous à l'hôpital, être entraîneur dans une équipe sportive (même si votre conjoint ou votre conjointe qui ne fait pas de bénévolat chiale qu'il ou elle ne vous voit plus, blablabla), cuisiner dans une soupe populaire, etc.

En 2007, en cette ère du HDTV et du DVD, faire du bénévolat peut prendre des tournants inattendus.

J'ouvre une parenthèse en reprenant l'exemple de l'entraîneur qui n'est pas payé: certaines personnes considèrent qu'un coach qui enseigne son sport préféré le fait par pur plaisir et que c'est cela son salaire. La deuxième partie est vraie. Mais ces personnes, qui ne font visiblement pas de bénévolat, ne comprennent pas que l'entraîneur forme avant tout des individus, des athlètes, des jeunes plus équilibrés qui lâchent leur fou sur un terrain ou dans un gym au lieu de casser les oreilles à leurs parents pour des niaiseries.

Le bénévole, dans ce cas, est un prof, un parent, un confident, un coach de vie. Sauf que contrairement aux «vrais coachs de vie», ils ne sont pas toujours payés. Comme si un coach sportif était moins important qu'un coach de vie qui s'improvise souvent expert du jour au lendemain. Un corps sain dans un esprit sain, ça vous rappelle quelque chose? En faisant du sport, le jeune pourra parler à son coach, il sera plus enclin à se confier. Un coach bénévole n'est pas un psy, mais c'est un excellent ami qui ne vous juge pas. Oui, ça ne coûte pas grand-chose au destin quand on a un jeune qui se livre à un bénévole, sans médicament, sans psy à 100$ de l'heure, sans aspartame, sans pot-de-vin parental qui achète le silence ou la confidence.

Cette longue parenthèse terminée, revenons à nos bénévoles frisés qui donnent deux heures de leur dimanche après-midi pour jouer les moutons dans une fête d'enfants. Bon, ok, pas bon investissement.

En parlant de mouton, le Québec. Le sondage révèle que 62% des Québécois interrogés par téléphone ne font aucun bénévolat. La moyenne canadienne est de 51%, donc un sur deux en fait. Principale raison: trop d'occupations (métro-boulot-dodo-nintendo-cocooning-alouette!). Je ne juge pas, je constate et je suis un Québécois. Et je me dis que peut-être que si les gens détestent les sondages téléphoniques, ils ont oublié qu'ils faisaient du bénévolat et ont répondu des conneries tant ils étaient enragés! Plausible, non?

Définition d'un Québécois: Hmmmmmm… merde, pas facile. Comment souder les mots «chialeur» et «nombril» dans la même phrase sans la bousiller et tuer ses chances d'être «pulitzarisée»?

D'accord, c'est peut-être exagéré et expéditif comme manière de parler, mais il faut se rendre à l'évidence: nous sommes les pires en Amérique du Nord pour le taux de suicide, le célibat et là… le bénévolat! «Maudits sondages» hurlez-vous? Tant qu'à ça, «Maudit recensement!», «Maudites statistiques», «Maudite réalité», «Maudite politique», «Maudite boisson!»…

Définition du suicide: mal de vivre généralisé qui découle d'une dépression profonde ou d'un choc moral soudain très puissant et qui provoque la mort.

Célibat: état d'une personne qui demeure ou vit seul, sans conjoint, sans amoureux, seul et heureux avec son soi-même esseulé et isolé.

Le reste, donc les rapprochements et les conclusions à l'emporte-pièce, est à votre discrétion. Je dirai seulement que si on voulait un pays tant que ça, on donnerait probablement un peu plus de son temps à nos concitoyens, jeunes ou non, en santé ou handicapés, affamés ou goinfrés, haïssables ou adorables. Le reste du Canada, qui ne veut pas qu'on ait un pays, nous supplante en ce qui à trait au bénévolat. Attention, c'est l'heure du Gros Bon Sens® et de la leçon à peine dissimulée!

En cette ère de téléréalité où on va sentir dans la vie privée de purs étrangers, le fait que presque deux personnes sur trois ne posent pas un geste concret pour aider son prochain (à part les dons en argent qui ne nécessitent pas d'efforts) est curieusement intriguant. *Ce pléonasme est une présentation de Miki Ting, de bons plats chinois cuisinés par des Japonais…*

«Maudits sondages!», vous écriez-vous encore, pas satisfaits de votre tattoo temporaire à l'effigie d'une multinationale qui vous «e(a)ncre» le cœur. Pas facile, hein? On n'aime pas ça, hein? Le pire, c'est que nous nous tirons dans le pied avec cette invention qu'est le sondage. Enfin, si on est du genre à reculer quand la vérité se pointe…

Sinon, on digère la défaite et on se tape dans les mains comme un bon scout qui est toujours prêt à sortir son camarade d'un mauvais pas!

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