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Le casier judiciaire: une marque à vie

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 4 décembre 2007 à 17:38
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Au sujet de la réinsertion sociale...
Le casier judiciaire: une marque à vie
Une centaine de personnes se sont réunies mardi après-midi pour en apprendre davantage sur le casier judiciaire et ses impacts. Le colloque, organisé par le Comité aviseur pour la clientèle judiciarisée adulte, réunissait entre autres plusieurs intervenants des centres locaux d'emplois, des organismes communautaires de la région et du service correctionnel québécois et canadien.
Au Canada, en 2001, on dénombrait un peu plus de 3,5 millions de personnes détentrices d'un casier judiciaire, ce qui correspond à 15% de la population. En réalité, un homme sur cinq a un casier judiciaire, qui ne pourra être effacé qu'à l'âge de 80 ans seulement si la personne remplit de multiples conditions.

«Ce n'est pas faux de dire qu'avoir un casier judiciaire, c'est l'affaire d'une vie», admet Jennifer Cartwright, une des conférencières présentes. Elle a d'ailleurs donné un bref aperçu du casier judiciaire à travers les époques, alors que, dans l'antiquité, c'est le fer rouge qui marquait à jamais les criminels. De nos jours, ce serait le casier judiciaire qui les stigmatiserait.

De nombreux mythes sont rattachés au casier judiciaire, notamment en ce qui concerne la nature de l'acte criminel. Par exemple, une infraction à la loi sur l'impôt peut engendrer un casier judiciaire. De plus, être fiché dans le système judiciaire ne veut pas nécessairement dire avoir passé du temps en prison.

Le Centre spécialisé du Portage de Gatineau, qui aide les personnes judiciarisées à réintégrer la société, reçoit tout près de 325 nouveaux clients chaque année. De ce nombre, entre 50% et 55% réussissent à se trouver du travail, une des pierres angulaires de la réhabilitation sociale.

Michel Allard, directeur général du Centre, est d'ailleurs vice-président du comité organisateur du colloque. «La majorité des gens qui sont ici travaillent dans les centres locaux d'emplois. On veut les informer», explique-t-il.

Bien que certains types d'emploi fassent généralement l'objet d'une vérification des antécédents judiciaires(soins de santé, enseignement, banques, etc.), la Charte des droits et libertés de la personne du Québec stipule que «nul ne peut congédier, refuser d'embaucher ou autrement pénaliser dans le cadre de son emploi une personne du seul fait qu'elle ait été déclarée coupable d'une infraction pénale ou criminelle, si cette infraction n'a aucun lien avec l'emploi ou si cette personne a obtenu le pardon.»

Outre l'emploi, d'autres obstacles bien concrets barrent la route à la réhabilitation sociale. Le fait de pouvoir entrer difficilement aux États-Unis lorsqu'on a un casier judiciaire est bien connu. Mais quant est-il de la réalité quand vient le temps de souscrire à une assurance? La présence du casier s'élargit alors à l'ensemble de la famille, et il est alors très difficile d'obtenir, ou d'être indemnisé par la police d'assurance.
L'exemple du commandant Piché
«Je suis la preuve vivante qu'on peut avoir un casier et s'en sortir», admet d'emblée le commandant Robert Piché, conférencier invité lors du colloque.
L'histoire du commandant Piché a fait les manchettes en août 2001 lorsqu'il a réussi un atterrissage forcé, sauvant ainsi plus de 300 personnes d'une mort certaine. Héros du jour, il verra toutefois sa vie bousculée quelques jours plus tard, lorsque son passé d'ex-prisonnier refait surface.

«Il y en a toute notre vie des préjugés», note ce dernier. Encore aujourd'hui, alors qu'il est commandant de bord et qu'il a reçu un pardon de l'institution carcérale des États-Unis où il a purgé sa peine, il fait toujours face à des interrogatoires plus longs lorsqu'il se déplace, même dans le cadre de son travail. Les choses ne se sont d'ailleurs pas améliorées depuis les événements du 11 septembre 2001.

M. Piché voit toutefois les bienfaits du travail de nombreux organismes qui permettent aux personnes judiciarisées de se réhabiliter socialement. Des organismes qui n'existaient pas au moment où lui a dû passer à travers cette étape: «J'en reviens pas, aujourd'hui, qu'il y ait cette aide pour ceux qui sortent de prison. C'est essentiel pour te permettre de prendre les rênes et ne pas retomber dans le crime.»

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