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L'importance d'être soi ne sera jamais un thème cucu

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 5 décembre 2007 à 19:23
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Regarde-moi succomberont-ils à l'appel de la superficialité? ">L'importance d'être soi ne sera jamais un thème cucu
Les personnages de Regarde-moi succomberont-ils à l'appel de la superficialité?
L'importance d'être soi ne sera jamais un thème cucu
«Je suis vu, donc je suis». À lire cette phrase qui résonne instantanément dans notre tête, on aurait tendance à penser qu'Isabelle Bélisle a signé un gros cliché des années 2000 avec son premier texte Regarde-moi, monté jusqu'au 14 décembre à La Nouvelle Scène. Pourquoi il n'en est rien? Simplement parce que ça fait du bien de reprendre contact avec sa beauté intérieure.
Isabelle Bélisle réussit avec candeur à faire ressortir ce «moi» que l'on cache trop souvent quand on priorise notre ego. Cet orgueil mal placé qui nous fait oublier qui ont est vraiment et qui nous fait faire des conneries que jamais on aurait faites sans être «parasité» par ces mauvaises pensées que nous dictent les autres, les magazines ou la société de consommation.

Sandrine reçoit un miroir de sa tante comme cadeau d'anniversaire, en ne sachant pas que ce dernier est hanté par une comtesse pourrie par le syndrome de l'apparence extérieure. Dès qu'elle, sa cousine Noémie et son ami Thomas, trois inséparables, entreront en contact avec ce reflet, ils changeront et essaieront d'être quelqu'un d'autre jusqu'à ce que le gros bon sens les sauve ou non…

Avec son synopsis classique mais néanmoins efficace, Regarde-moi donne une bonne leçon sans placarder une grosse morale mollassonne partout. C'est léger, accessible, pas trop mélodramatique et surtout, direct. Avec un public adolescent qui se dirige ou qui patauge déjà vers la course à la superficialité, le Théâtre la Catapulte vise juste.

La production est de plus une occasion pour Steve Arnold, Marika Lapointe, Josée Leblanc et Andrée Rainville de s'amuser. Ils font réfléchir et rire sans éclats, simplement de bon cœur. Et on pardonnera leurs quelques trébuchements linguaux, car ils sont attachants durant un gros cinquante minutes.

Une belle réussite donc pour Isabelle Bélisle et son équipe ainsi que pour la Catapulte, qui s'aventure ici sur un terrain vaguement métaphorique. Si l'apparence extérieure prévaut à une trop grande fréquence de nos jours, des tours de scène de la sorte sont les bienvenus n'importe quand pour remettre les pendules à l'heure!
À voir à La Nouvelle Scène jusqu'au 14 décembre, 20h. Le spectacle a été vu lors d'une matinée scolaire.

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