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Affaire Comeau: La Couronne demande dix ans de pénitencier

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 5 décembre 2007 à 18:42
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Affaire Comeau: La Couronne demande dix ans de pénitencier
Les représentations sur sentence ont débuté ce matin dans l’affaire Rémi-William Comeau, accusé de conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort. La Couronne a suggéré une peine de dix ans de pénitencier, assortie de dix ans sans pouvoir conduire un véhicule.
Le juge Gosselin, qui a pris la relève du juge Michel Séguin dans ce procès, a entendu ce matin les policiers et les enquêteurs relater les événements qui ont précédé l’accident qui a causé la mort de Marie-Hélène Primeau, une jeune cycliste de 17 ans, le 28 août dernier. Des bandes vidéo ont également été montrées en Cour.

La mère de la victime a ensuite pris la parole, lisant une lettre dans laquelle elle relate la profonde tristesse qui a touché sa famille depuis la mort de Marie-Hélène. Elle a toutefois admis n’avoir aucun sentiment de vengeance envers l’accusé, et a dit espérer qu’il ait le courage de changer.

En après-midi, l’accusé, qui a plaidé coupable en octobre dernier et qui est incarcéré depuis les événements du mois d’août, s’est adressé à la famille de la victime. «Tous les matins, j’essaie d’écrire une lettre aux parents de Marie-Hélène mais l’écriture ne vient pas», a-t-il expliqué au juge, avant de se tourner vers la famille pour lui offrir ses excuses.

Des excuses qui, selon le procureur de la Couronne, Me Petitclerc, ne sont d’aucune façon atténuante au crime commis. Ce dernier a rappelé au juge que depuis mars 2001, la peine maximale pour ce type d’accusation a été modifiée, passant de 14 ans d’emprisonnement à la perpétuité.

Dans son argumentation, Me Petitclerc a comparé la conduite en état d’ébriété à une homicide involontaire, parlant de gestes posés où on ne cherche pas nécessairement la mort d’une personne mais que par une série d’imprévus, une vie s’arrête et d’autres sont brisées.

Me Petitclerc estime que l’accusé avait eu amplement d’avertissements avant les secondes qui ont coûté la vie à Marie-Hélène Primeau. Rappelons que l’accusé a causé plusieurs accidents ce soir là, à la sortie d’un bar gatinois. Son dossier contenait déjà deux antécédents en matière de conduite avec facultés affaiblies.

S’adressant au juge, Rémi-William Comeau a raconté son histoire, de son installation dans la région de l’Outaouais en 1980 à son divorce, subvenu en 2004. De là, il a sombré dans l’alcool, cherchant de l’aide tant bien que mal. Il a plaidé au juge ne pas avoir consommé de l’alcool entre le 15 octobre 2006 jusqu’au jour des événements.

En suggérant une peine de dix ans de pénitencier suivi de dix ans sans pouvoir conduire un véhicule, le procureur a admis espérer que l’accusé ne prendra plus jamais le volant, puisqu’il sera âgé de 71 ans à la toute fin de sa peine.

L’argumentation sur sentence devrait reprendre le 4 janvier prochain, avec l’avocat de la défense, Me François Boisvert.

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