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Qu'adviendra-t-il des «victimes de Domtar»?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 10 décembre 2007 à 15:38
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Gene Hartley explique la situation des ex-travailleurs de Domtar...
Qu'adviendra-t-il des «victimes de Domtar»?
Depuis le 31 juillet, le président de la FTQ-Outaouais, Gene Hartley, et le président du Syndicat local 33 de la SCEP, Gérard Carrière, aident à temps plein les 250 employés limogés lors de la fermeture de la Domtar, spécialement les 166 qui demeurent sur la rive québécoise.
Depuis que le couperet est tombé et que les travailleurs sont à la maison, les deux hommes poursuivent un but précis: «Notre devoir est maintenant de prendre soin des gens. L'objectif numéro était d'avoir 0 suicide, on voulait pas que les gens fassent de gaffes ou aient des idées noires», avoue-t-il.

La vie nous réserve parfois de bien curieuses surprises. La preuve? Gene Hartley et Gérard Carrière se sont transformés cet été en intervenant social! Ils sont à «temps ben plein» sur les 166 cas différents des 166 employés lésés. «On navigue sur un bateau et c'est moi le capitaine. Le bateau coule et là on ne navigue plus, on doit prendre soin de ceux qui sont à l'eau, image M. Hartley. On cherche de l'aide, des plans budgétaires pour les familles… […] On joue un peu à la mère poule, on ne négocie plus, on prend soin des gens, on cherche des alternatives. Comme ceux qui prévoyaient finir de payer leur maison dans 4 ou 5 ans, eh bien ils devront l'étaler sur 14 ou 15 ans.»

Ce qui l'inquiète dorénavant n'est plus la menace de suicides, mais bien le «découragement monétaire» qui risque d'arriver vers mars ou avril. Les ex-travailleurs sont encore sur le «bonus», la prime de séparation, mais quand Noël sera passé et que l'hiver battra son plein, Gene Hartley a peur que la nostalgie et le désespoir gagnent les «boys». Autant ceux qui ont des enfants que ceux qui devront bosser au salaire minimum alors qu'ils gagnaient 30$ de l'heure. L'«intervenant improvisé» souligne que l'épée de Damoclès est encore plus basse au-dessus de la tête des jeunes, qui n'avaient pas une prime très substantielle lors du départ.

Gene Hartley, lui-même père de famille, ne peut magasiner les emplois, car il est trop débordé. «Je ne peux pas répondre aux offres d'emploi, car on est encore dans l'eau. Mais on ne se plaint pas, c'est notre vocation et on aime ça!»

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