L’UQO… c’est payant!
L’Université du Québec en Outaouais (UQO) veut prendre de l’expansion et il paraît que la négociation sera difficile avec Gatineau. L’enjeu est crucial.
L’Université veut agrandir le campus Taché et cela implique des investissements importants, à la fois pour la ville et pour l’institution. On parle, entre autres, de prolonger le boulevard Saint-Joseph jusque sur le campus même. Le problème? La ville hésite. À entendre les déclarations des élus, on dirait même que l’UQO est un promoteur comme un autre! C’est encore un exemple de manque de vision et surtout, de leadership.
S’il y a un secteur payant pour une région, c’est bien le monde universitaire. Vous voulez attirer des cerveaux et des entreprises ? Vous voulez faire face à la pénurie de main d’œuvre qui nous frappe et qui fera encore plus mal avec la retraite des baby boomers? Vous voulez que des chercheurs étudient la région pour mieux l’aider à se développer? Une solution : une université. C’est LE moyen par excellence de développer la région. L’expansion de l’UQO est LA bataille régionale la plus urgente, la plus fondamentale, la plus payante pour l’Outaouais.
Le pôle universitaire de Sherbrooke rapporte à l’Estrie des retombées de un milliard par an. Chaque dollar dépensé par l’université génère un autre 50 sous à Sherbrooke. Pour quatre emplois directs créés à l’université, c’est trois emplois indirects de plus en ville. Et là, nous n’avons pas parlé de gains de productivité, d’innovations technologiques et sociales, de création d’entreprises grâce au transfert technologique. Ce n’est pas une négociation difficile que la Ville doit faire avec l’UQO, c’est un partenariat enthousiaste. Gatineau ne peut pas perdre à aider l’UQO. Chaque dollar investit lui reviendra multiplié bien des fois. Il n’y aucun investissement aussi payant pour une ville que de se donner une université solide. Si la ville manque de fonds, qu’elle s’unisse à l’université pour revendiquer à Québec et à Ottawa.
L’UQO et Gatineau sont deux des principales forces de développement de l’Outaouais, la région ne peut pas se permettre qu’elles s’affrontent. Malheureusement, quand les enjeux financiers sont grands, il faut deux ingrédients essentiels pour éviter les chicanes toxiques : une vision partagée de l’objectif et un leadership fort. La division du conseil et le silence du maire ont clairement démontré qu’il n’y a ni vision, ni leadership. Ça va mal au village.