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Les mains sûres et volontaires de Cantley

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 14 décembre 2007 à 8:31
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Les mains sûres et volontaires de Cantley
Le pompier volontaire Benoit Gosselin, le chef Marc Settlecker et la première répondante Marie-Josée Ferland, ont un plaisir fou à servir la municipalité de Cantley. (Photo: Patrick Voyer)
Les mains sûres et volontaires de Cantley
Être pompier volontaire et premier répondant à Cantley, c'est entrer dans une famille de 36 individus compétents, généreux, disponibles, formés selon de strictes normes de sécurité, et c'est avant tout une fierté de protéger ses concitoyens en pratiquant son sideline! On les voit dans des événements comme le Village fantôme, à la Fête nationale, aux parades, mais sait-on vraiment ce qu'ils font le reste du temps?
Cantley est une ville rurale de 8000 habitants dont le territoire est vaste. Pour le protéger, la municipalité s'est dotée de trois casernes sur la montée Saint-Amour, la rue Chamonix (Mont Cascades) et sur le chemin River (la caserne Jean-Dagenais), qui sert aussi de centrale et où nous avons rencontré la première répondante Marie-Josée Ferland, le pompier volontaire Benoit Gosselin et le chef du Service incendie et coordonnateur de tout ce qui est «urgent!», Marc Sattlecker. Et en vaillants intervenants qu'ils sont, ils étaient bien préparés…
Le premier arrivé sur les lieux
«Le premier répondant est le prélude avant que l'ambulance arrive sur les lieux d'un accident, d'une crise cardiaque, d'un feu. Nous stabilisons la victime et donnons les premiers soins. Et après, on devient un support technique et nous sommes là s'il y a un bris mécanique», explique Marie-Josée, qui est la seule à Cantley à endosser uniquement la charge de premier répondant. «On ne donne pas d'injections, on n'a pas le droit d'intuber, mais on a les médicaments pour les réactions allergiques ou les piqûres», ajoute celle qui est instructeur en sport équestre.
Les premiers répondants suivent le même protocole que les ambulanciers (RCR, défibrillateur), sont formés lors de quatre fins de semaine intensives et sont très rapides à réagir - tout comme les pompiers volontaires, qui doivent compléter les dix premiers modules, sur 27, que tout pompier de la province est forcé de terminer. Marie-Josée indique que si la radio émet le son strident de l'urgence quand elle est en train de donner un cours, elle quitte tout et se précipite vers l'inconnu. Bien souvent, elle arrive au poste avant même que Marc Settlecker ait le temps de confirmer l'appel! Quand on sait qu'une minute peut sembler une heure quand on est en détresse… «C'est un choix de vie», lance-t-elle simplement pour expliquer cette dévotion. «La pagette nous suit partout, elle devient ta maîtresse, ironise le chef. Si tu vas prendre ta douche, tu l'accroches après ta robe de chambre!» Mais bon, il a été statué que la famille et le travail passaient avant tout…

Maintenant que l'importance des premiers répondants est établie, ceux qui ne croyaient pas en eux avant osent un sourire en coin en 2007… «Dans les années 90, ç'a été controversé, se rappelle Benoit Gosselin. Des personnes en doutaient, surtout parce qu'elles n'avaient pas de salaires à payer pour ça et les ambulanciers pensaient qu'on voulait prendre leur place. Mais on a prouvé que c'était nécessaire et là, on travaille conjointement et ça va bien», assure le pompier volontaire et proprio d'une firme de marketing.

Les services d'urgences de Cantley répondent en moyenne à un appel aux trois jours et les chiffres ne cessent de croître, à l'image de la municipalité. Et ils ne courent pas juste après les feux de forêt… «Ça peut être des problèmes respiratoires, des allergies, des problèmes cardiaques; certains étaient décédés et on les a réanimés, mais rendus à l'hôpital, ils sont décédés. Mais un a survécu!», lance Benoit.
Débrouillardise 101
Le trio avoue que les relations avec les «grands frères» pompiers de Gatineau sont excellentes; ils échangent des trucs et des techniques et se dépannent à l'occasion. Certains pompiers à temps plein à Gatineau sont même pompiers volontaires à Cantley!
«On n'est pas moins bons pompiers qu'eux, allègue Benoit. À Gatineau, les pompiers vivent dans la caserne et ont la chance d'en voir plus.» «Ici, on n'a pas de bornes-fontaines», précise Marie-Josée. Benoit soutient que cette réalité nécessite une débrouillardise sans pareil. Tellement, qu'il a un jour donné des conseils à un de ses amis qui est pompier à Montréal et qui n'avait pas trouvé de solutions lors d'un brasier plutôt compliqué à éteindre!

Les pompiers de Cantley disposent de bornes sèches où les citernes vont se remplir. Sur les lieux d'un incendie, l'eau est versée dans une grande «piscine» de 1500 gallons qui sert alors de réservoir pendant que la citerne pour aller se remplir de nouveau. Et quand le sinistre est trop violent ou qu'il y a plusieurs feux simultanément (comme c'est parfois le cas en été), le renfort vient des municipalités voisines, des alliées de premier ordre.
Une vocation
Les 36 employés à temps partiel, sauf le chef qui est temps plein depuis un an, ne sont payés que lorsqu'ils répondent à un appel. Benoit estime que lui et ses collègues ne gagnent pas plus que 2000$ par année. Alors ce n'est pas l'argent (ni les conditions, car la plupart des appels arrivent de nuit) qui les pousse à s'impliquer, mais bien le désir de sécuriser.
Sans oublier que cette vocation va plus loin que l'horaire préétabli par l'équipe. «Une fois, raconte Marc Settlecker, Luc Beaulne (un pompier) avait un bébé bleu dans les bras qui s'était étouffé. Il lui a donné deux tapes dans le dos! Il restait dans le voisinage… Mais il s'était tellement habillé vite qu'il a mis son gilet à l'envers!»

«Moi, je demeure au Mont Cascades, et si quelque chose arrive, je peux y aller pour donner des soins ou pour réconforter la personne même si je suis juste pompier volontaire», ajoute Benoit en expliquant que les 36 sont divisés en quatre équipes pour garder un minimum de personnel sur le territoire depuis, entre autres, que le schéma en couverture de risque a été mis en place. Avec cette nouvelle mesure, les services doivent posséder une formation adéquate et intervenir dans un laps de temps défini, soit en dedans de quinze minutes vu la grandeur du territoire. La municipalité de Cantley n'a pas de difficultés à remplir ce mandat, puisque ses volontaires utilisent les neuf véhicules d'urgence (auto-pompe, véhicule des premiers répondants et citerne, notamment) à la vitesse de l'éclair!

«On a une bonne équipe. Pour eux, c'est une passion, pas un métier. Et ce n'est pas ici que tu vas faire de l'argent; tu vas en dépenser plus que tu vas en faire. En plus du nombre d'heures de bénévolat qu'on fait: on est présent dans toutes les activités qui se déroulent ici, glisse le chef. Et sans compter la formation, qui est sur une base volontaire et non rémunérée. La municipalité paie la formation, mais pas les heures», poursuit-il.

«Les 36 se font confiance, ils n'ont pas peur, car ils ont des bons coéquipiers qui ont de la formation. Quand tu entres dans une maison en fumée, il faut avoir confiance en le gars derrière, de dire Benoit. La confrérie est très forte.» D'ailleurs, Benoit organise une fête bientôt pour l'équipe et leur famille pour les remercier de leur engagement et de leur patience!

Avec les années, les services d'urgence de Cantley ont fait la renommée de la municipalité à des compétitions provinciales, nationales et internationales. En 2001, ils ont terminé 9e au monde! Pour des cracks de la finance, des gars de la construction, des mécaniciens, des policiers, des gens en communication qui voulaient un sideline bourré de défis, c'est tout un honneur!

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