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Le FFO a besoin d'un miracle pour survivre

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 13 décembre 2007 à 18:00
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Le FFO a besoin d'un miracle pour survivre
Cette affiche du FFO 2007 est vraisemblablement la dernière qu'auront vue les amateurs de cinéma de la région…
Le FFO a besoin d'un miracle pour survivre
La journée de jeudi était celle de la dernière chance pour le président du Festival du film de l'Outaouais, Didier Farré. Il est ressorti encouragé de ses rencontres avec la SODEC et Téléfilm Canada, mais il y a un océan entre les 80 000$ nécessaires à la survie du festival et le contenu de son portefeuille…
«C'est beaucoup d'encouragement, un grand pas de la SODEC, mais ce n'est pas assez. À part le 20 000$ qu'ils nous donnent d'habitude, ils nous prêtent 5000$ pour notre dixième anniversaire et 15 000$ pour le travail fait avec les films québécois à l'extérieur. Et de la part de Téléfilm, on a de bonnes pensées, ils nous remercient de ne pas avoir mentionné le montant qu'ils nous donnent même si on y pense… Ça n'a donc pas avancé tellement», explique Didier Farré, visiblement déçu au bout du fil, mais qui croit qu'une mince lueur d'espoir subsiste. Or, il ne peut espérer que cette aide provienne de Via Rail, car depuis le scandale des commandites, les subventions se font rares… Via Rail prêterait seulement deux wagons pour transporter les invités spéciaux.



Didier Farré compare le budget reçu par les autres festivals québécois, dont celui de Rimouski, qui reçoivent des subventions à coups de 110 000$ de la part de la SODEC, notamment. «Ils ont les moyens, c'est certain. Par exemple, Patrimoine Canada a déjà donné 1 200 000$ au Festival de Spectra, à Montréal, qui n'a eu lieu qu'une fois et qui s'est écroulé.»



Ensuite, il pointe du doigt le gouvernement Charest et la ministre Nathalie Normandeau: «On n'a pas reçu un seul coup de fil de Mme Normandeau. On a par contre reçu six lettres de refus de la part de fonctionnaires. Il faut croire que l'Outaouais n'est pas une région… Je ne sais pas quoi penser!» Il ajoute que Loto Québec aurait pu être un joueur majeur, mais que la société préfère «commanditer des feux d'artifice»…



Et Didier Farré gardait une autre flèche à décocher: «Sans oublier le grand maître d'œuvre, M. Harper, qui ne semble pas apprécier la culture. […] On n'attend rien de plus du gouvernement conservateur, qui préfère acheter des fusils que mettre de l'argent dans la culture…»



«Pour Gatineau, c'est vraiment dommage, mais peut-être qu'on a été abandonné par rapport aux autres. Peut-être que les décideurs se disent que nous sommes trop près du gouvernement fédéral…»



Didier Farré est passablement décontenancé de voir que la CCN n'a pas épaulé davantage le festival. «On pensait que montrer des films québécois intéresserait l'Ontario, mais on se rend compte qu'Ottawa est bien loin de tout ça, surtout maintenant avec le maire qui trempe dans l'eau chaude.»
Faire rayonner le cinéma québécois
Malgré cette claque, Didier Farré continuera tout de même de faire rayonner le cinéma québécois, entre autres au festival Cinéma du Québec à Paris. «On a une crédibilité sur laquelle les distributeurs et les gens se fient, affirme-t-il. Notre mandat ne s'arrête pas aux projections durant une semaine dans un festival, c'est un travail de passion et de représentation.»



Didier Farré assure que la réputation du FFO est en bonne santé en France. La preuve: il a été choisi par le Festival du Film amateur d'Angoulême, qui accueille plusieurs grands créateurs dont Spielberg, pour dresser la liste des films québécois et pour siéger sur le comité d'éthique.

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