Le chef du SPVG, Mario Harel, est heureux que MADD Canada envisage de s'implanter en Outaouais.
MADD veut s'implanter en Outaouais dès janvier!
L'organisme bien connu MADD Canada (Les mères contre l'alcool au volant), risque fort de voir le jour en janvier grâce à deux bénévoles passionnées, Kathy Maltais et Diane Séguin.
«Je travaille à temps plein et je suis bénévole à temps partiel et dans cinq ou six ans, je vais peut-être prendre ma retraite. Alors, je me cherchais une implication. Ça fait trois ou quatre mois que l'idée est en l'air», lance humblement Diane Séguin pour expliquer son choix. Elle s'occupe de monter un solide dossier avec Kathy Maltais, qui est déjà membre du chapitre d'Ottawa, pour que l'Outaouais devienne un membre à part entière dès la première assemblée générale annuelle, le 16 janvier.
«Je crois beaucoup à ce qu'ils font: ils font de la prévention, aident les gens et les familles qui ont été victimes d'un conducteur en boisson et donnent de l'assistance et de l'information juridique. Le chapitre d'Ottawa est bien établi, tout comme à Montréal. Ce sont les deux plus proches de nous», explique Diane Séguin, qui croit que la raison d'être de MADD Canada en Outaouais est essentielle, ne serait-ce que pour sensibiliser une seule personne!
Il y a aussi que la jeune cycliste de 17 ans Marie-Hélène Primeau qui a été fauchée par Rémi-William Comeau, est morte près de chez elle, ce qui l'a bouleversée. «Ça m'a ouvert les yeux, avoue-t-elle. Quand ça se passe près de chez nous, on prend conscience. Ça pourrait être ma fille…!»
Une approche pacifique
MADD Canada est loin d'être un organisme radical. «Ce n'est pas de ne pas boire qu'on préconise, c'est si vous buvez, organisez-vous: prenez un taxi, Nez Rouge, couchez sur place, prévoyez un chauffeur désigné… Y'a tellement de moyens aujourd'hui!»
Chaque chapitre a plusieurs activités annuelles obligatoires à organiser, donc la campagne des rubans rouges, des kiosques et une veillée à la chandelle. Pour plus d'infos, visitez le
www.madd.ca.De plus, les bénévoles doivent mettre sur pied un conseil d'administration de cinq personnes. Diane Séguin invite évidemment tout le monde intéressé à donner de son temps pour la cause à se présenter le 16 janvier, à 19h, à la salle Casino Royal du Ramada Plaza Hôtel, situé sur la rue Edmonton, dans le secteur Hull.
Une excellente nouvelle pour les policiers!
Quatre personnes meurent chaque jour au Canada et 187 autres sont blessés à cause de l'alcool au volant. La Sûreté du Québec et le Service de police de la ville de Gatineau ont donc sauté à pieds joints sur l'occasion de s'impliquer avec la «cellule embryonnaire» de MADD Canada en Outaouais, car c'est pour eux un autre outil pour sensibiliser les gens aux dangers de conduire en état d'ébriété.
Les deux corps policiers seront présents le 16 janvier, ce qui confirmera leur enthousiasme de voir MADD Canada s'implanter ici, eux qui participent déjà à la campagne des rubans rouges et qui ont appuyé Diane Séguin et Kathy Maltais dès le début. Leur présence à un kiosque d'informations a été fort remarquée dernièrement aux Promenades de l'Outaouais!
Aux dires du chef de la SPVG, Mario Harel, et selon Yves Grimard de l'Unité des communications et des relations avec la communauté de la SQ, les moyens pour contrer l'alcool au volant ne seront jamais assez nombreux. «C'est certain que c'est un problème. Il y a des dispositifs en place, on l'a vu avec la campagne de sensibilisation à la vitesse, il y a des outils législatifs et une présence policière, mais malheureusement, le message semble ne pas passer; il y a encore des tragédies», indique le chef Harel.
«On a mis beaucoup d'efforts avec la SAAQ ou Éduc-Alcool, affirme Yves Grimard. MAAD sont des nouveaux venus, ce sont des gens qui ont une mission sociale d'éducation, alors avec le fruit de tous ces efforts-là, ça devrait aider. On va espérer que ce fléau n'en sera plus un!»
Yves Grimard soutient que les corps policiers favorisent la prévention que la répression, alors ceux qui croient que donner des contraventions ou procéder à des arrestations est un plaisir pour eux devraient changer d'idée! «On préfère travailler de concert avec certains partenaires, lance-t-il. C'est le but et la philosophie de la police de proximité. Et la population peut réagir et contribuer!»
«La première chose à faire, c'est vraiment de sensibiliser les gens, croit Mario Harel. Les mesures coercitives sont toujours après que l'infraction ait eu lieu…» Le chef sait que plusieurs automobilistes ont encore le souvenir de la classique promenade avec la bière entre les jambes, mais il espère que ces derniers réalisent qu'en 2007, cela tient plus du cliché que du geste intelligent!
«Y'en a plus vraiment de ça, ça s'est amélioré. C'est la pression des pairs qui a changé les choses», ajoute Mario Harel. Il ajoute qu'il pourrait y avoir place à amélioration en ce qui concerne les peines infligées aux chauffards saouls et qu'il comprend tout-à-fait les gens qui ragent lorsqu'ils comparent la justice canadienne à celle des Américains…