Une photo tirée du spectacle Marché Noir, présenté en 1986 avec notamment Pierre Drolet et Suzanne Lambert.Photo: Mark A. Price
Vingt-cinq ans près de son public pour le Théâtre Dérives Urbaines
En 1982, le Théâtre Dérives Urbaines voyait le jour. À la fois pour répondre au désir des comédiens de jouer dans la région, mais aussi pour offrir un théâtre différent, près du public. Un quart de siècle plus tard, la compagnie de théâtre poursuit encore et toujours le même but avec une équipe jeune et dynamique qui a une foule de projets en tête…
À la différence d'autres compagnie de théâtre, les Dérives Urbaines est plutôt une compagnie itinérante, c'est-à-dire sans lieu de diffusion fixe. C'est pourquoi dès le début, la jeune compagnie a dû se placer… ce même jusque dans les appartements pour se produire! «Il faisait ce qu'on appelle du 'théâtre d'appartement'. Ils allaient directement chez les gens pour réciter des contes poétiques surtout. Ils exploraient alors ce qu'on appelle la proximité», explique la directrice artistique de la troupe, Catherine Rousseau.
Aujourd'hui, la troupe de théâtre continue à exploiter ce filon de la proximité, mais sous une autre forme, soit lors de congrès ou d'événements spéciaux par le jeu-spectacle. De façon inattendue, la troupe se mélange au public pour intervenir, faire des apparitions, bref, brasser les gens et les surprendre par des éclats théâtraux. «C'est un genre de spectacle où les gens sont partie prenante, précise Catherine Rousseau. Toujours aujourd'hui, on continue de se questionner sur la place du spectateur, les niveaux de théâtralité et le texte versus l'espace. Puis, le Théâtre Dérives Urbaines a toujours tenu des propos différents, bien de son époque, et c'est ce que nous tentons de poursuivre.»
Fondé par Hélène Gagnon, André Rousseau et Lucien Crustin, le Théâtre Dérives Urbaines est né dans un esprit de collectivité. Ce que poursuit la jeune équipe qui est formée de Catherine Rousseau comme directrice artistique, et qui est appuyée par Magalie Lemèle, Luc Moquin, Mathieu Charrette et Guillaume Houët. De jeunes artistes qui ont pour la plupart fréquenté la faculté de théâtre de l'Université d'Ottawa et qui partagent une certaine affinité artistique. Le quintette travaille d'ailleurs depuis à un spectacle, Morceaux d'amour, qui est devenu pratiquement une tradition dans la région et qui en sera à son quatrième anniversaire cette année. Le tout est présenté à La Basoche les 14 et 15 février, «une façon bien différente de célébrer la St-Valentin», souligne la directrice artistique.
De 1990 à 1996, le Théâtre Dérives Urbaines a connu une période plutôt faste où la compagnie a présenté ses productions en France et un peu partout au Canada. Même si les années suivantes ont été, disons, plus calmes, la compagnie a tout de même continué ses productions, notamment auprès de la jeunesse. Un public que comble encore le Théâtre Dérives Urbaines avec une pièce sur la prévention des gangs de rue, qui effectue des tournées dans les écoles encore cette année.
Avec la nouvelle tête dirigeante, formée surtout de jeunes comédiens de la région qui désirent plus que tout demeurer en Outaouais et vivre de leur art, le Théâtre Dérives Urbaines est selon sa directrice artistique, «sur une pente ascendante et on a plein de projets en tête pour l'avenir... j'espère que le public n'a pas fini d'entendre parler de nous!»
Pour Catherine Rousseau, il est assez rare de voir des compagnies sans lieu de diffusion fixe compter autant d'années d'existence. «C'est plus difficile pour le public de bien nous connaître sans pouvoir nous associer à une salle en particulier. Développer un public devient plus un défi. Mais on a de très belles salles dans la région, comme La Basoche ou l'Espace René-Provost, qui semblent ouvertes à accueillir des productions comme les nôtres.»
«Quand on est une petite compagnie, je crois qu'il faut être original, trouver des moyens de sortir du lot. Le fait que nous ayons remporté le grand prix au dernier Gala des Culturiades est une belle preuve du travail accompli en 25 ans de labeur», affirme Catherine Rousseau.