En médaillon, on peut apercevoir l’Auberge Symmes en 1842, alors que le reste de l’image présente le bâtiment de nos jours, en 2007. (Photo 2007: Daniel LeBlanc)
L’Auberge Symmes: au cœur de l’histoire régionale depuis 1831
Saviez-vous qu’il existe à Gatineau un monument historique classé par le gouvernement du Québec, tout comme environ 500 autres sites et édifices de la province? Il s’agit d’une vaste demeure en pierre comportant deux étages et demi, érigée en 1831 et située aux abords de la rivière des Outaouais, soit l’Auberge Symmes.
En effet, depuis 32 ans, ce monument, qui est l’un des rares datant d’avant 1850 dans la région, jouit de la plus haute protection provinciale pouvant être accordée à un site ou un bâtiment.
Dans le jargon employé par le ministère de la Culture et des Communications, le classement est une mesure d’identification et de protection légale à laquelle peut recourir le ministre pour préserver des biens dont la conservation présente un intérêt public en raison de leur valeur patrimoniale. Il peut aussi y avoir une aire de protection, comme c’est le cas pour l’Auberge Symmes, soit un périmètre du terrain entourant l’édifice qui est protégé. «L’un des avantages du classement, c’est qu’on ne pourrait pas construire quelque chose aux côtés de l’Auberge Symmes, ça protège le monument, mais aussi son environnement. Voilà une grande différence avec la citation municipale» de dire le président de la Société d’histoire de l’Outaouais (SHO), Michel Prévost.
L’Auberge Symmes a aussi reçu un autre honneur au niveau municipal. «Ça démontre bien comment ce bâtiment-là est unique pour l’Outaouais et très bien situé», commente le président de la SHO quand on lui parle du processus qui a mené au choix de l’Auberge Symmes comme joyau patrimonial par excellence à travers la ville de Gatineau. En fait, c’est à la suite de la fusion municipale que la SHO, la Société d’histoire de Buckingham et l’Association du patrimoine d’Aylmer ont été consultées à ce sujet et le choix a été unanime, en 2002.
Abritant depuis quatre ans le musée d’histoire régionale de Gatineau, l’Auberge Symmes, coiffée d’un toit à versants recourbés aux larmiers proéminents, est entièrement accessible et peut être visitée. Il faut remonter au début du 19e siècle pour comprendre l’historique de ce bâtiment. Tout débute avec Charles Symmes, le neveu du fondateur de Hull, Philemon Wright, qui, à l’âge de 24 ans, s’installe à Aylmer pour procéder à la gestion de la ferme Chaudière, à la suite de la mort de son cousin. Peu après, il acquiert la ferme et les terres avoisinantes de son oncle et se fixe comme but de les subdiviser afin d’y favoriser l’installation de colons.
Considéré par plusieurs comme le fondateur d’Aylmer, il fit ériger l’auberge et un quai d’embarquement en 1831 en raison de la position stratégique du secteur et de la liaison maritime qu’il représentait. On pouvait donc y héberger des passagers en provenance de Montréal qui devaient débarquer à Hull en raison des chutes Chaudière. De cet endroit, ils embarquaient dans une diligence et se diriger vers l’hôtel, aux côtés duquel ils pouvaient remonter la rivière en bateau à vapeur.
Quant à Charles Symmes, il fut conseiller municipal de 1847 à 1851 et de 1852 à 1855 et maire de 1855 à 1858 et de 1860 à 1862. Il a aussi occupé les postes de gouverneur du comté d’Ottawa, inspecteur du revenu du district et secrétaire-trésorier de la Société d’agriculture du comté. Il est mort le 25 août 1868, à l’âge de 70 ans et a été inhumé au cimetière Bellevue.
Dans la région, il y a quelques autres monuments historiques qui disposent du statut de classement, dont le Manoir Louis-Joseph Papineau (Montebello), le Pont Marchand (Fort-Coulonge) et la Maison Bryson (Fort-Coulonge).