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Les leçons de la Commission Bouchard-Taylor

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 10 janvier 2008 à 16:48
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Les leçons de la Commission Bouchard-Taylor
Gérard Bouchard en pleine écoute… (Photo: Info07.com)
Les leçons de la Commission Bouchard-Taylor
Merde, je ne me rappelais pas d'une commission gouvernementale aussi soporifique et haineuse que la Commission Bouchard-Taylor. Hum… Ah… si! La Commission Gomery! Bon, trêve de pathétiques souvenirs en ce début de 2008 et disons donc la vérité haut et fort maintenant que la poussière est retombée: le Québec ne deviendra pas un labyrinthe de ghettos comme plusieurs le pensent.
Vous avez écouté le Bye Bye de RBO? Certes, un des meilleurs bouts est justement sur la Commission B-T (ne manque qu'un L et nous avions les deux électrisants commissaires pris dans le plus célèbre sandwich de l'histoire). Quel était le message des bouffons de RBO après leurs cyniques sketchs démontrant que des Québécois pure laine, c'est pas nécessairement à jour côté mentalité et côté langage? Que ce «conflit» social aurait pu être réglé facilement.

«Chacun peut pratiquer sa religion et doit respecter l'autre. Prenez votre mal en patience, les choses vont se tasser, comme elles ont toujours fait.» Quoi, c'est vrai, elles prennent toujours leur trou, les choses, quand elles en ont marre. Vous avez pas remarqué?

Mais il semble que les choses sont pas près de se tasser tant que ça. Hérouxville, les accommodements, la Commission B-T (ne manque qu'un U et nous avons une denrée rare chez les Kings de Los Angeles), les scandales à la Une des journaux… Wow, quelle année 2007! Un peu plus et on parle de nous dans le New York Times en page 34!

Pourquoi en page 34? Parce que ça en vaut pas le coup. Parce que c'est un flagrant manque d'ouverture, parce que c'est pas être fier que de se replier sur soi, parce que c'est chiant de se tirailler pour des poignards, parce que c'est débile et que ça divise les gens en deux: les buveurs de O'Keefe et les super prieurs. Tanné. Pu capable. Entendons-nous.

De toute façon, même si quelque rancune subsiste quand les choses vont se tasser et que de plus en plus de mariages entre Québécois de souche et immigrants seront célébrés, les immigrants ne vont pas changer leurs habitudes religieuses pour nous faire plaisir et nous, en vendeurs d'églises que nous sommes, nous ne serons pas plus un exemple à l'échelle mondiale.

Entendons-nous que diable, des défis plus urgents tels que la santé et l'éducation nous attendent. Je soupçonne même certaines personnes de balayer ces problèmes sous le tapis au profit de nanane à cote d'écoute que sont les accommodements. Bon, je paranoye? Ok, ok…
Donner pour recevoir
S'il y a un truc dont nous devrions nous rappeler de nos cours d'enseignement religieux, avant qu'ils ne disparaissent à la faveur d'un cours sur les religions (l'idée du siècle, mes amis, bien meilleure que celle d'apprendre aux jeunes les rudiments de l'économie ou de la courtoisie, deux éléments assez essentiels merci dans la vie), c'est que Jésus a changé l'eau en vin. Ce qui m'amène à vous suggérer de mettre de l'eau dans votre vin en 2008.

C'est pas sorcier rendre son vin moins corsé pour moins être saoul, c'est pas compliqué tempérer son caractère pour mieux régner (car on sait que «diviser pour mieux régner» ça ne donne pas de très bons résultats en politique, alors imaginez dans la rue), c'est pas hyper demandant de se «déradicaliser» (verbe inventé il y a 12 secondes) pour créer une atmosphère de bonne entente.

Avec la piètre performance de la Commission B-T (ne manque qu'un G et nous aurions pu faire le superbe nom composé «style fonctionnaire» Brigitte Gendron-Tétreault), il faudrait se relever les manches, se regarder le nombril et user du Gros Bon Sens ©Copyright 2008. La tête dans le sable, nous n'arriverons à rien.

Alors pourquoi ne pas essayer de se laisser charmer par les autres cultures? Pourquoi ne pas ouvrir une discussion avec eux, les sortir de leur ghetto et leur donner une raison d'apprendre le français?

Ce sont à eux de se dégêner dites-vous? De se conformer à nos règles, à notre culture? De nous prêter serment d'allégeance? Bof, quand j'ai vu des gens empoigner le micro à la Commission B-T (…) et se lancer dans des élucubrations historiques sur les avantages du jargon québécois et des drames créés par l'impatience des immigrants, je ne sais bien sur quel sceau ils pourraient apposer leurs lèvres ou s'agenouiller.

Car parti comme ça, on fait fausse route. La Commission B-T est une réussite? À vous d'en juger. Pour ma part, je ne dirai pas qu'elle fut un échec ou une totale jouissance; elle n'aurait juste pas dû exister.

Une tape dans le dos, une poignée de main amicale, une prise de conscience (NOUS ne pratiquons plus, ILS pratiquent), ça n'a jamais fait de mal à personne.

Amen

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