Grandes questions de toute une vie avec la pièce «Les mardis avec Morrie»
Même si les termes «mort», «leçons de vie» et «vieillissement» sont omniprésents dans la pièce Les mardis avec Morrie, les comédiens Martin Vanasse et Gilles Provost et la metteure en scène Sylvie Dufour tiennent à rassurer les futurs spectateurs: le rire et une certaine légèreté viendront enrober les propos de cette pièce qui risque de marquer plus d'un dans les jours, les semaines et même les années à venir.
«Dans toutes les pièces que j'ai choisi de présenter au Théâtre de l'Île, affirme le directeur artistique et comédien dans cette pièce, Gilles Provost, j'ai toujours tenu à ce que les gens rient et passent du bon temps tout en retirant quelque chose de la production.»
Et Les mardis avec Morrie n'y fait pas exception! «C'est une pièce qui nous habite longtemps après qu'on l'ait vue. Pas juste parce que c'est une histoire vraie, mais parce qu'elle nous transmet des leçons de vie et qu'elle ose parler d'un sujet auquel on ne veut jamais penser, la mort», poursuit M. Provost.
C'est ainsi qu'on fait la connaissance de Mitch, un ancien étudiant de Morrie Shwartz qui apprenant que son ancien professeur qu'il adorait souffre de la maladie dégénérative de Lou-Gehrig, décide de lui rendre visite. S'engage entre eux une série d'échanges et de partage sur la vie, qui deviendront en fait des leçons de vie, et ce à tous les mardis.
Comme Mitch qui voue une grande admiration pour son ancien professeur qu'il n'a pas vu depuis 17 ans, Martin Vanasse est flatté et impressionné de partager la scène avec Gilles Provost. «C'est là où la fiction rejoint la réalité, estime le comédien de loisirs et l'animateur de radio par formation. Je ne me cache pas qu'à chaque répétition je suis 'flabbergasté' par le fait de jouer avec Gilles Provost. Je suis venu pour apprendre.» Pour sa part, Gilles Provost qui a toujours aimer partager ses connaissances qu'il soit sur la scène ou à la direction, se fait un plaisir de le faire pour Martin, qu'il estime beaucoup en tant que comédien, notamment pour son écoute et sa générosité. «Il faut que j'accepte cependant que j'ai 70 ans et qu'on me voit comme un mentor…», partage M. Provost, un peu comme l'était Morrie pour Mitch.
D'ailleurs, ce n'est pas la seule comparaison qui tienne entre les deux personnages et leurs interprètes. Comme Mitch, Martin est animateur de radio, donc très occupé. «Seule différence, lui n'est pas père de famille», lance le principal intéressé qui lui, sera bientôt papa de cinq enfants. La décision de fonder une famille sera d'ailleurs l'une des leçons de vie que Morrie partagera avec son élève, tout comme l'amour, le pardon, la société, le vieillissement, le mariage, le travail et l'envie. Alors que l'on pourrait dire que Gilles Provost est le mentor de bien des artistes de la région et qu'il doit aussi en quelque sorte faire son deuil de la direction artistique du Théâtre de l'Île qu'il quittera à l'automne prochain pour prendre une retraite bien méritée.
De plus, pour Sylvie Dufour, de travailler à la réalisation de cette pièce particulièrement a quelque chose d'événementiel. «Elle s'inscrit dans la dernière saison qu'offre Gilles dans ce théâtre qu'il aime tant et de l'accompagner là-dedans dans une pièce, c'est très symbolique pour moi.»
Et c'est dans cette complicité que se retrouve la metteure en scène de la pièce, qui s'est jointe en chemin à l'équipe déjà préétablie, un imprévu ayant empêché Danielle Grégoire de signer la mise en scène. «Dès le départ, j'ai été étonnée de constater à quel point les personnages pouvaient être près d'eux, pas seulement dans l'essence, mais aussi par ce qu'ils avaient à dire», affirme Sylvie Dufour.
D'ailleurs, pour les comédiens et la metteure en scène, la rencontre avec Les mardis avec Morrie aura été une occasion de questionnements et de remises en question. Chacun ayant retenu une leçon bien précise des thèmes abordés dans la pièce. «Moi, je retiens qu'il faut prendre le temps et se demander ce qu'il nous reste. En tant que papa, je me rends compte que je dois prendre le temps de regarder mes enfants grandir», souligne Martin Vanasse.
«Pour ma part, Morrie me rappelle que la vie est partout et que c'est à nous de rappeler les gens qu'on aimait et qui sont disparus à notre mémoire. Que le bonheur, c'est aussi dans notre relation avec les autres et qu'il faut apprendre à lâcher prise, parfois d'admettre ses torts peut nous faire grandir. Puis, je crois que je n'ai pas encore tout compris les leçons de Morrie, parce que je ne suis pas là, parce que je n'en ai pas besoin en ce moment.»
Alors que pour M. Provost, il s'est découvert une grande parenté de cœur et d'esprit avec le personnage qu'il interprète. «Comme lui, j'ai déjà pensé à m'organiser des funérailles vivantes et je pense qu'il faut dire dès maintenant aux gens qu'on les aime et qu'on les apprécie, pas au dernier moment.»
«Les mardis avec Morrie» est présenté au Théâtre de l'Île (1, rue Wellington, secteur Hull) du 23 janvier au 1er mars, du mercredi au samedi à 20h, de même que les dimanches 27 janvier et les 3, 10 et 17 février à 15h. Billets disponibles au coût de 25$ pour les adultes, 22$ pour les aînés et 10$ pour les étudiants en composant le 819 243-8000.