Un bel échange s'instaure dès le début de la pièce entre le comédien d'expérience, Gilles Provost et Martin Vanasse, qui est à sa première production professionnelle au Théâtre de l'Île.(Photo: Mélanie Provencher)
À la vie, à la mort avec la pièce Les mardis avec Morrie
Des personnages attachants, un texte juste avec des étincelles de rire au bon moment pour désamorcer la tristesse des événements, une mise en scène bien rythmée où le public se sent interpelé et surtout un beau duo de comédiens, voilà ce que propose Les mardis avec Morrie au Théâtre de l'Île jusqu'au 1er mars.
Impossible de rester de marbre devant une pièce débordante d'émotions, de sagesse et de moments tendres comme Les mardis avec Morrie. On est touché, ébranlé dans nos convictions et surtout on porte un autre regard sur la mort surtout, mais aussi sur la vie, l'importance qu'on donne à notre travail, à la jeunesse et aux autres qui nous entourent.
Dès le départ, le public ne peut que succomber aux charmes de ce sympathique professeur d'université, Morrie Shwartz (Gilles Provost) qui développe une belle relation avec l'un de ses étudiants en qui il voit la lumière en lui dissimuler derrière un buisson, Mitch Albom (Martin Vanasse). Même s'il lui promet de garder contact lorsqu'il quitte l'université, Mitch ne trouvera jamais le temps en 16 ans de reparler à son professeur préféré.
C'est en zappant un soir à la télé qu'il voit Morrie en entrevue à une émission de grande écoute. Il découvre qu'il est malade, atteint d'une maladie incurable et décide d'accomplir une bonne action et de rendre une unique visite à Morrie. Mais l'unique visite devient un rituel tous les mardis, comme au temps de l'université. Des rencontres où Mitch arrive avec ses questions, sa bouffe achetée au magasin d'aliments naturels et son enregistreuse. Une rencontre où Morrie retrouve le plaisir d'être le professeur, le coach, en prodiguant ses leçons de vie. Jusqu'à ce que la vie décide que le cours est terminé…
Les propos prennent toute la place et envahissent l'atmosphère du petit théâtre, alors que la proximité de la scène nous permet de savourer davantage l'échange de regards et la chaleur de la relation entre le professeur et son élève. Les décors, tous blancs, ajoutent à l'ambiance d'intimité qui prévaut dans la pièce.
C'est d'ailleurs ce flot d'émotions où s'entremêlent le rire, les larmes, le doute, les taquineries qui prouvent la valeur des deux comédiens. En particulier Martin Vanasse qui traverse allégrement le quatrième mur pour venir s'adresser au public et qui doit en quelques secondes passer de la tristesse à l'indifférence de la narration. Quant à Gilles Provost, on peut dire que pour ce rôle, il y a laissé sa barbe, et qu'il est très attachant dans le rôle de ce professeur, si bien qu'on voudrait tous l'avoir dans notre vie.
Comme Mitch, les phrases de Morrie résonnent dans notre tête longtemps après avoir quitté le théâtre. Certaines laissant une empreinte plus marquée que les autres dépendant de notre vécu et de nos émotions du moment. Et surtout, on réalise à quel point on oublie l'essentiel dans notre vie…
Les mardis avec Morrie est présenté au Théâtre de l'Île (1, rue Wellington, secteur Hull) jusqu'au 1er mars, du mercredi au samedi à 20h de même que les dimanches 27janvier et les 3, 10 et 17 février à 15h. Billets disponibles au coût de 25$ pour les adultes, 22$ pour les aînés et 10$ pour les étudiants en composant le 819 243-8000.