Les Messier-Dumont ont fait un inoubliable voyage en République!
Les Messier-Dumont reviennent épuisés mais grandis de République dominicaine!
Vous vous rappelez de cette sympa et dynamique famille que nous vous avons présentée au début décembre et qui projetait de partir cinq semaines en République dominicaine pour un voyage sac à dos? Eh bien, Sophie Dumont, Jonathan Messier et leurs deux garçons Kyle et Jamie (10 et un an) l'ont réalisé ce périple au cœur de la simplicité et ils avaient bien des trucs à nous raconter six jours après leur retour au froid…
Ils ont été malades comme des chiens, piqués par des pucerons, plongés dans l'obscurité durant des heures sans électricité et sans personne avec qui parler français, ils ont vu des gens les saluer, machette et pistolet à la taille, ils ont ramassé des coquillages, gâté des enfants et des adultes pour qui 100$ est une fortune, ils ont visité des villages où tout le monde sans exception a un cellulaire, ils ont fait de la moto à 5, ont vu 20 personnes et plus entassées dans une fourgonnette, des femmes fières de sortir en ville avec des rouleaux sur la tête, des arbres à fruits qui foisonnent, des ordures lancées sur le sol derrière des maisons faites de tôle et de terre battue, ils ont vu la pauvreté, le calme extrême, ils sont retournés 50 ans en arrière et ils se sont rendu compte qu'ils sont choyés de demeurer au Québec et d'avoir de l'eau chaude dans leur douche…
Nos aventuriers partaient avec des idées fixes: passer le temps des Fêtes avec le strict minimum, faire un voyage humain sans tout-inclus et entrer en contact avec les habitants de Payita, un petit village niché sur la pointe nord-est de l'île. C'est là qu'ils ont établi leurs pénates dans une maison louée pour une semaine grâce à un partenariat avec la Fondation jeunesse Les Coopérants, sept jours durant lesquels ils ont appris que manger canadien, ça coûte cher quand les produits sont importés… Le mois suivant, ils ont mangé du riz blanc à tous les jours et de la viande non-réfrigérée sans mourir!
C'est à Payita que le quatuor a fait la rencontre de sa «famille d'emprunt», les Garcia, les voisins angéliques de leur maison de fortune. «Deux jours avant qu'on parte de là, je suis tombée malade, je n'étais pas capable de me lever, raconte Sophie. Nos voisins nous ont apporté de la bouffe!» «Quand notre location s'est terminée, ils nous ont offert leur chambre pour tout le reste du temps!, lance Jonathan. C'est devenu notre pied-à-terre par la suite, car on a passé une semaine sur la route». Les Messier-Dumont ont fêté Noël chez un des voisins des Garcia et le jour de l'An dans leur maison d'adoption.
«Leur plancher et leurs murs étaient en béton pas fini, la douche à l'eau froide, il n'y avait pas d'eau courante, pas de moustiquaire aux fenêtres, poursuit Sophie. Ils ne voulaient pas qu'on paie rien! On ne comprenait pas trop, mais c'était un prestige pour eux de nous accueillir… On couchait quatre dans le même lit et parfois, il n'y avait pas d'électricité de 18h au lendemain matin. Tu fais quoi dans ce temps-là? Rien. On s'asseyait sur le divan dans le noir ou sur une chaise dehors.» «À 21h, quand t'as pas d'électricité, t'as hâte d'aller te coucher», ironise Jonathan, qui détient maintenant la preuve que les poules ne font pas que caqueter au lever du jour…
Un dépaysement total
«Vivre comme eux a été un gros choc, on ne pensait pas avoir la chance de le vivre pleinement», admet Sophie, qui a trouvé difficile de composer avec des règles d'hygiène presque inexistantes.
Heureusement, la boucle qu'ils ont effectuée du centre à l'est du pays leur a fait oublier les dangers de contamination par les mouches ou les ordures… En effet, ils avaient prévu un petit tour d'horizon qui les a menés en premier à Rio San Juan, sur le bord de la plage, où ils ont loué une chambre dans un petit hôtel appartenant à des Québécois! Ensuite, ils ont visité Las Terrenas au nord-est de l'île, une ville collée sur Samana, une destination soleil de plus en plus prisée. «Il n'y a que des Français!, s'exclame Sophie. Tout est français! On était agressé par le nombre de touristes à cause de notre petit village perdu… On était content de revenir à la maison chez 'papa et maman'».
Tout au long de leur mini tour, ils ont distribué des vêtements, des jouets, des articles pour bébé, des souliers, de la pâte à dent… «J'avais fait une collecte de bijoux au bureau, indique Jonathan. Les gens étaient contents et fiers de les porter.» Ils ont même acheté l'équivalent de 100$ d'équipement pour une famille rencontrée quelques jours avant de partir à Puerto Plata, où ils prenaient leur avion. L'état des lieux laissait un peu à désirer, alors ils ont posé un bon geste. «Le lendemain, ils ont envoyé leurs filles dans un autre village pour nous acheter des gilets!», de dire Sophie, découragée…
«Les gens ont le visage ravagé, sont maigres, n'ont pas de dents dans la bouche, continue Jonathan. Ils n'ont rien! Malgré tout, ils donneraient leur chemise». Les voyageurs ont aussi remarqué que ces gens sont plutôt sédentaires, alors quand ils ont la chance de boire un verre de rhum avec un passant, ils sautent sur l'occasion!
Et qui dit sédentarité, dit maladie. Enfin, là-bas, c'est une réalité. Bien que les cliniques offrent un service rapide et peu coûteux, la plupart des habitants font appel à un médecin itinérant qui distribue des médicaments de village en village. Jonathan indique que les Dominicains sont tous de grands consommateurs de pilules et, qu'eux aussi, sont touchés par les maladies locales comme la tourista. D'ailleurs, les quatre n'ont curieusement pas été frappés par cet irritant… Leur principal problème était lié à l'humidité et à la salinité de l'air. «Tu te couchais le soir en pleine forme et le lendemain, tu faisais de la fièvre!», glisse Sophie, qui est tombée malade dès sa sortie de l'avion.
S'ils ne sont pas à cheval sur les règles d'hygiène, le couple affirme quand même que leurs hôtes faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour s'améliorer. Ils ont pris exemple sur leurs invités pour s'inspirer! Mais comme ils vivent encore dans les années 50, Jonathan pense qu'il faut leur donner le bénéfice du doute; petit train va loin!
Meilleurs et pires souvenirs
Pour Kyle, ce voyage dans l'hémisphère sud a été formateur, bien qu'il se soit ennuyé souvent de ses amis et qu'il n'ait joué qu'une seule fois avec un enfant, une fillette, qui parlait français. «Kyle a eu une grosse carence de ses amis, confirme sa mère. C'est pour ça qu'on est parti dans un tout-inclus à la plage pendant deux jours vers la fin pour lui donner un break.» Son père est content de cette décision, car il est vrai que les derniers moments sont souvent ceux dont on se souvient le plus.
«Il est plus mature, moins bébé, plus sérieux. Il ne prend plus rien pour acquis. En tout cas, on ne sait pas combien de temps ça va durer!», de dire Sophie. «Il réalise que d'être privé de certaines choses, ça nous les fait apprécier davantage», ajoute Jonathan, qui lui, ne garde pas énormément de souvenirs désagréables de son périple.
«Je me rappelle juste qu'après deux semaines dans la maison, à manger trois repas par jour de la même chose, on était dû pour autre chose! Mais bon, à l'endroit où on était, on était toujours pris en charge, le monde s'occupait de nous, s'assurait que peu importe où on allait, on était en sécurité. On était intouchables! Les gens avaient le goût de faire notre connaissance. On n'est pas passé pour des Dieux, juste pour des gens simples qui voulaient découvrir la République Dominicaine. Et on a passé notre temps dans les villages à leur demander comment ils vivent.»
«Moi, enchaîne Sophie, c'est d'avoir réussi à accomplir ce voyage. Ce n'était pas facile, mais en même temps, simple… Il me semble qu'on n'était pas à la hauteur de nos responsabilités parentales…» Sophie parle ici de la saleté ambiante et du dépaysement, qui leur ont fait perdre la carte. Ainsi dépassés par les événements, les deux parents ont quelque peu oublié que leurs enfants vivaient eux aussi ce bouleversement!
Et pour bébé Jamie, ce conte de fée sous le couvert des palmiers a été une partie de plaisir! «C'est lui qui s'est le mieux adapté!, tranche Sophie. Il a aimé les poules; tout le monde sait maintenant c'est quoi 'poule' en français!»
«Il était content de revoir sa chambre. Quand il est entré dedans, il a eu un grand sourire de bonheur… et il s'est endormi», relate son père.
«On est bien dans notre luxe…», conclut Sophie en riant.
«Quand tu prends une seule douche à l'eau chaude pendant cinq semaines et que ton linge sent pas l'humidité…», relance Jonathan.
«…quand le plancher est propre et que tu n'as pas des milliers de graines en dessous des pieds!»