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L'incroyable histoire d'une autochtone qui se croyait Mexicaine…

Le documentaire «Ma part manquante» présenté au Théâtre de l'Île

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 2 février 2008 à 13:00
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L'incroyable histoire d'une autochtone qui se croyait Mexicaine…
Jane Watson et sa mère adoptive.
L'incroyable histoire d'une autochtone qui se croyait Mexicaine…
Le documentaire «Ma part manquante» présenté au Théâtre de l'Île
Jane Watson a toujours cru qu'elle était Mexicaine, car c'est ce que les sœurs de l'orphelinat ont dit à ses parents adoptifs, mais elle a découvert à 40 ans qu'elle est une autochtone du Québec. Son étonnante histoire vous sera racontée grâce au documentaire Ma part manquante d'Aurélie Resch, le 12 février, au Théâtre de l'Île.
C'est le producteur Jacques Ménard (Les Productions des collines) qui a eu la chance de financer ce projet. «L'idée m'a été amenée en premier par Aurélie. On avait travaillé sur autre chose auparavant, raconte-t-il. Ce qui m'intéressait dans ce projet, c'est cette histoire invraisemblable, qui en soit demeure toujours dans l'actualité avec les accommodements et tout, cette idée de racisme à différents degrés.»

«Pour les religieuses, à l'époque, c'était mieux que Jane soit Mexicaine plutôt qu'autochtone. C'était excitant d'être Mexicaine dans les années 70, car c'était une place où les gens commençaient à aller! Que ce soit vrai ou faux, le geste était pour le bien de Jane, c'était socialement plus acceptable. Tout le monde avait le cœur à la bonne place pour le bébé Jane», lance M. Ménard. Jane Watson a donc vécu quatre décennies en pensant être de souche mexicaine. Elle a multiplié les voyages là-bas, mangeait et respirait mexicain.

Jusqu'à ce qu'elle tombe sur un document officiel qui soutient hors de tout doute qu'elle est autochtone. «Une fois qu'elle apprend qu'elle est B plutôt que A, c'est l'épiphanie. Mais elle sentait qu'il y avait un vide dans sa vie, qu'il lui manquait quelque chose…», confie le producteur.

Dans l'année qui suit, elle laisse tout tomber; elle demeurait à Toronto, elle vend sa maison et prend l'avion pour la réserve de Betsiamites, située à 50km au sud-ouest de Baie-Comeau. Le destin avait de toute manière préparé le terrain: Jane Watson venait de divorcer et était prête à repartir à zéro. «Moi, si j'apprenais que je suis Italien du jour au lendemain, je ne sais pas si je ferais ça! Alors c'est intéressant de voir comment c'est important pour des gens», glisse le producteur.

Jane Watson habite avec son conjoint à Betsiamites depuis plusieurs années, mais revient souvent à Toronto pour voir sa fille et étudier. «Elle est retournée aux études en travail social pour aider les gens de sa communauté. Avant, elle travaillait comme secrétaire pour un bureau d'avocats. Alors elle amène une certaine habileté et des ressources à Betsiamites!», affirme Jacques Ménard.

Il assure que Jane Watson est aujourd'hui une femme épanouie et heureuse. «Elle n'a pas de rancœur envers personne. C'est juste un peu triste pour elle de ne pas avoir pu profiter au max de ce qu'elle vit maintenant…»
Le documentaire «Ma part manquante» est présenté le 12 février, 19h30, en avant-première, au Théâtre de l'Île, en présence de Jacques Ménard et de Jane Watson. Réservations: 819 243-8000. Il sera ensuite diffusé sur les ondes de Télé-Québec, le 18 février à 21h.

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