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La députée nous explique ce qu'elle ferait si on lui donnait le pouvoir de changer le monde...
La débrouillardise et le courage de Charlotte L'Écuyer
Nous avons rencontré la très volubile députée de Pontiac dans son bureau de circonscription des Galeries d'Aylmer, où elle a ouvert son cœur sans hésitation.
Son enfance
Charlotte L'Écuyer est née le 16 août 1943 à Smooth Rock Falls, en Ontario. «Je suis la 4e fille de quatre. On était de classe moyenne j'étais jeune quand j'ai déménagé à Grand-Remous, car ma mère s'ennuyait de son milieu. Ç'a été une pauvre période, raconte-t-elle, car mon père est décédé et ma mère s'est retrouvée seule avec des enfants tous âgés en bas de 16 ans. Ma mère était une grande féministe. Elle disait qu'elle nous payait notre secondaire, mais qu'après, on devait se débrouiller.» La députée s'est donc mariée à 18 ans, a eu son premier enfant à 20, a divorcé 12 ans après et a complété un bac et une maîtrise en travail social à temps complet, en travaillant temps plein comme directrice d'un CLSC et en élevant ses trois enfants. Sans oublier que le cancer viendra chercher son fils de 12 ans. «J'ai traversé cette période grâce aux contacts avec les autres.»
Sa personnalité
«Je suis quelqu'un de très tenace. J'ai perdu mon conjoint il y a 12 ans et je n'ai jamais compris pourquoi je faisais tant de choses. J'aurais pu m'asseoir et me plaindre, mais j'aime la vie et le monde. Je suis souvent impatiente et un peu mauvaise, admet-elle. Et je suis plutôt solitaire; j'aime travailler en équipe, mais quand je commence un dossier, je ne veux pas que quelqu'un de l'extérieur vienne mettre son nez dedans!»
Son «habitat naturel»
«Une propriété de 40 acres dans le Pontiac qui date de 1963. Il y a de la forêt tout le tour, une écurie, c'est une très belle propriété. La plus vieille de mes filles, qui est professeure, demeure avec moi. C'est un bungalow qui fait un peu français et qui est meublé de vieux meubles, dont un piano de 1835 et une table qui a 160 ans. Mais ce n'est pas un musée!, ironise-t-elle. Il y a beaucoup de bois… Les gens se sentent très à l'aise, c'est le point de ralliement de la famille. J'ai continué le projet que j'avais avec mon mari André.»
Ses ambitions
Charlotte L'Écuyer ne veut pas s'éterniser en politique. «Je n'ai pas l'intention de faire 20 ans! Je veux finir ce que j'ai commencé, il y a beaucoup de dossiers à compléter. J'ai une bonne santé et de l'énergie et je vais continuer de m'impliquer auprès de mes petites municipalités pour redonner ce que j'ai et ce que je sais. Je veux aussi m'occuper de mes petits-enfants; ils sont extraordinaires, c'est la découverte de ma vie! J'ai découvert les magasins de jouets et les magasins de linge de bébé!»
Sa journée de congé typique
«Je popote! J'aime beaucoup faire à manger, cuisiner des plats, faire cuire la viande de mon gendre et les légumes de ma fille végétarienne. Et je me trompe de recette quand je ne lave pas mes lunettes! Les enfants viennent manger chez nous; c'est le fun de voir les petits-enfants, ils mangent de tout car on les a habitués.»
Ce qui la fait rire
«Je suis assez ricaneuse. J'aime les gens qui ont de l'esprit, la répartie facile. En Chambre, il y a des 'mots' qui se promènent, on a beaucoup de plaisir! Et il y a des conteurs dans la famille, on a bien du plaisir. Il n'y a jamais eu de chicane entre mes frères et sœurs.»
Pourquoi la politique?: «Je prenais ma retraite de la santé quand des gens me disaient 'Il faut que tu te présentes'. Je ne faisais pas de politique et je voulais que personne n'en fasse au CLSC.» Charlotte L'Écuyer y réfléchit quand même pendant deux semaines et, voyant que les deux autres candidats ne semblaient pas connaître les réalités rurales, elle se lance. Elle a finalement gagné par 45 voix, une grande victoire pour une si petite équipe organisée rapidement. «Au début, je ne comprenais pas pourquoi je devais rester assise durant des heures dans différents comités. Mais j'ai appris la patience et saisi l'importance du législateur.»
Que feriez-vous pour changer le monde: «La pauvreté. J'arrive de l'Inde, je suis allée à Haïti, au Nigéria… Nous on est dans une société d'abondance, on ne sait pas c'est quoi la pauvreté. Si t'enlèves la pauvreté, t'enlèves la violence, dont la violence faite aux femmes.» La députée est vice-présidente de la branche canadienne de l'Association des femmes parlementaires du Commonwealth et croit qu'il devrait y avoir plus de femmes au pouvoir.
Votre passe-temps, votre passion?: «J'aime voyager, lire, jamais je ne me couche sans lire, le jardinage, voir les enfants apprendre et découvrir ce qui se passe dans la nature. Ma passion est ma famille. Tout ce que je fais est pour que mes enfants et petits-enfants soient heureux.»
Votre idole ou modèle?: «Ma mère…»
Votre philosophie de vie?: «De redonner beaucoup de choses de toutes les façons, pour moi, c'est important. Je ne serais pas capable d'accumuler pour accumuler.»