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Enchères au profit des victimes d'agressions sexuelles

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 6 février 2008 à 14:40
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Enchères au profit des victimes d'agressions sexuelles
Michèle Diotte, Ana Francine Béland et Valérie Lessard vous convient à une vente aux enchères au profit du CALAS. (Photo: Dominique Poirier)
Enchères au profit des victimes d'agressions sexuelles
Le 6 mars prochain, une vente aux enchères au profit du Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles de l'Outaouais (CALAS) se déroulera au club de golf Tecumseh de Gatineau. En 30 ans d'existence, c'est la première fois que l'organisme a recourt à une telle activité de financement.
Pourtant, les besoins sont bien réels. Avec cinq employées permanentes et un budget annuel qui se situe aux alentours de 325 000$, le CALAS offre gratuitement du soutien, de l'information et de l'accompagnement à toutes les femmes de 12 ans et plus victimes d'agressions sexuelles. Sans compter la lutte et la prévention faite en ce sens.

«Les besoins sont énormes et malheureusement, les ressources financières sont insuffisantes pour répondre à tous les besoins des survivantes d'agressions sexuelles en Outaouais», mentionne Michèle Diotte, du CALAS.

Les statistiques démontrent qu'une femme sur trois (34%) âgée de plus de 15 ans a été victime d'au moins une agression sexuelle. Chaque année, au Québec, 87 000 seraient agressées. Au CALAS, on aide annuellement près de 200 femmes. Un nombre considérable quand on sait que seulement six à dix pourcent des victimes dénonceront leur agresseur aux policiers.

«Cette femme sur trois, ça pourrait être moi, ça pourrait éventuellement être l'une ou l'autre de mes filles, une collègue de travail, une voisine…», a énuméré Valérie Lessard, porte-parole de l'événement.
Des œuvres qui parlent
C'est l'artiste Ana Francine Béland qui est à l'origine de cette initiative. Sa démarche artistique l'a menée il y a quelque temps à schématiser le concept de la peur. Ses tableaux sont formés d'une image hybride entre la photographie et les médiums traditionnels. Treize d'entre eux seront mis en vente lors de l'événement.
«Elle a su marier l'art et l'agression sexuelle dans ses œuvres», note Mme Diotte au sujet de l'artiste et de son exposition intitulée Corps et Âme Avilis.

Sur chacun des tableaux apparaissent un condom, dont la présence a une symbolique particulière pour Ana Francine Béland: «C'est une enveloppe, une trace laissée par l'agresseur, explique-t-elle. Ça n'a rien de sexuel, dans le sens de se protéger pour une relation. Il faut le prendre au sens symbolique.»

Bien qu'aucun objectif financier n'ait été fixé pour la soirée, les organisatrices nourrissent quelques espoirs: «Si on arrive à vendre pour 20 000$ à peu près, on aura réussi à attendre un premier objectif. Mais 20 000$ minimum!», émet Ana Francine Béland.

«Le CALAS a besoin de nous collectivement; le centre a besoin de vous personnellement», conclut Mme Lessard.
Les billets pour la soirée sont en vente au coût de 50$. Pour information et réservation, composez le 819 771-1773.

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