Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Ode à la manipulation humaine

Patrick Voyer par Patrick Voyer
Voir tous les articles de Patrick Voyer
Article mis en ligne le 6 février 2008 à 20:00
Soyez le premier à commenter cet article
Jacques et son maître est une suite de réflexions sur la vie et l'amour qui met en scène des humains qui côtoient des marionnettes et vice-versa… (Photo: Louise Leblanc)">Ode à la manipulation humaine
Jacques et son maître est une suite de réflexions sur la vie et l'amour qui met en scène des humains qui côtoient des marionnettes et vice-versa… (Photo: Louise Leblanc)
Ode à la manipulation humaine
S'attaquer à un texte dont l'original a déjà été retouché, voire étêté, n'est pas chose facile, surtout si le dit texte est Jacques le Fataliste de Diderot. Le metteur en scène Martin Genest l'a fait et a transformé la version théâtrale épurée en 1968 du Tchèque Milan Kundera pour en faire un castelet où se croisent les humains et les marionnettes.
«C'est une anecdote toute simple, explique Martin Genest: deux hommes, deux amis (Jacques et son maître) partent dans une forêt pour se conter des histoires d'amour réussies et non, des histoires de cul, des déceptions de la vie, des réflexions sur la vie. Ils se demandent si on ne serait pas manipulés, si quelqu'un ne dessinerait pas notre destin… Et est-ce que l'auteur lui-même est manipulé par Dieu pour écrire?»

Sur le chemin des deux copains, des éléments de leur passé apparaissent, soit quelques hommes ainsi qu'Agathe, Justine et l'aubergiste, trois femmes qui sont au centre de trois histoires différentes. Et pour que le spectateur ne soit pas aussi mêlé que lui lors de l'autopsie des textes de Diderot et Kundera, Martin Genest a décidé d'utiliser des marionnettes pour représenter ces personnages issus du passé.

Par exemple, dans la scène de l'aubergiste, le duo est invité à s'asseoir à une longue table pour se restaurer. Pendant ce temps, la femme monte dessus et se sert du repas pour en faire des marionnettes… Bien entendu, les textes de départ n'ont pas été pondus pour ce type de production colorée, mais Martin Genest avait envie de jouer les narrateurs amusants en s'adressant directement à l'imagination collective. C'est son langage à lui, pas celui d'un romancier ou d'un auteur de théâtre puriste.

La compréhension qu'entraînent ses efforts de décortication permet aux gens de déambuler aisément dans les dialogues croustillants des comédiens, qui sont directement inspirés des lignes de Diderot et Kundera. Et le public se rendra rapidement compte que ce qui était vrai en 1780 l'est encore aujourd'hui. «Ce qui les lie, c'est l'amour. On veut tous aimer et être aimé et on fait tous des choses horribles ou merveilleuses», glisse Martin Genest, en ajoutant que des rencontres qui chamboulent, ça existera ad vitam.

Le créateur n'était pas pour arrêter son adaptation à Jacques, son maître et les marionnettes! En plus de compter sur la présence de l'excellent marionnettiste Pierre Robitaille, il a placé deux musiciens errants dont la présence fanfaronne enjolivera les lieux et il s'est permis d'inclure un autre élément temporel: «À la fin, les personnages en marionnettes reviennent parler du futur avec… des masques, confie-t-il. C'est mon esprit cartésien qui m'a obligé à établir des conventions comme ça, pour ne pas me perdre. J'ai dû composer avec une dualité dans les styles et dans les époques (18e et 20e siècle). Je les ai manipulées pour qu'elle s'adressent à tout le monde!»
«Jacques et son maître» est une production du Théâtre du Trident de Québec, en coproduction avec le Théâtre Pupulus Mordicus. La pièce est présentée du 12 au 16 février, 19h30, au Théâtre du CNA. Billets: 613 755-1111, à la billetterie du CNA ou à www.nac-cna.ca.

La question du net

  • Prévoyez-vous visiter Québec dans le cadre de son 400e?
  • Oui
  • Non

Liens