Daniel Boucher en gros plan, seul sur scène, sans artifices. Oui, ça se peut... tsé.
Daniel Boucher, un chansonnier sans Patente… tsé
Daniel Boucher termine sa tournée encensée Chansonnier à la Maison de la culture le 16 février, un show qui ne peut être plus contraire à son étourdissant et électrisant premier. Cette fois, il revient aux sources, à l'école des artistes, en rechaussant ses godasses de chansonnier.
«J'en suis un, dans le sens où mon métier est d'écrire des tounes, tsé. Ce n'est pas le style qui fait le métier. Beck, Hendrix, sont des chansonniers. Les auteurs-compositeurs-interprètes sont des chansonniers. La seule différence avec les Beatles, Led Zeppelin ou Beau Dommage, c'est qu'eux, ils travaillent en collectivité. L'habillage, c'est personnel, tsé. Quand j'entends qu'un chansonnier c'est quelqu'un qui joue de la guitare sèche seul sur une scène, je trouve ça un peu réducteur…»
«Mais mon show commence comme ça, avec le pied sur la chaise. Mais ce n'est pas juste ça. Le spectacle est l'opposé de ce que La Patente était, avec le chanteur en costume blanc, des projections sur l'écran, des éclairages complexes, un gros band. Là, c'est moi tout seul avec ma guitare acoustique, c'est le dépouillement total sur une mise en scène de Michel Rivard avec des petits bouts parlés, tsé. Je voulais justement des petits bouts parlés. Avec le band, tu peux le faire, mais pas de la même façon. Comme si t'étais sur les Plaines, le contexte est différent.»
Chansonnier est donc une communion entre l'artiste et son public. «Je suis un gars qui chante ses chansons, je suis pas un conférencier, c'est pas un atelier, c'est un spectacle, tsé, ironise-t-il. Ces chansons là, Boulamites, Rasseye, La Patente, Poète des temps gris, on les a jamais entendues acoustique!» Le plus drôle, ajoute Daniel Boucher, est que la plupart de ses chansons sont composées à la guitare sèche…
Un saut dans le passé
«Rouler tout seul avec une guitare, je l'ai fait, pas par choix, par nécessité, avant que Dix mille matins sorte. J'avais pas l'argent pour engager des musiciens. Ç'a été une belle expérience! C'est souvent à travers ce genre d'expérience-là que tu te découvres.»
Il avoue qu'il ne serait pas le même artiste s'il n'était parti comme ça, en solitaire. Et il n'aurait pas appris à vivre ses chansons. «Le reste, ça devient un cadeau, tsé. Le drum, la guitare, un gars d'ordi, des costumes, l'éclairage et du monde devant toi qui connaît tes tounes… C'est du gâteau. Mais là, y'a pas un groove de drum qui va te sortir de ce que tu fais et ton stock te ressemble.»
«C'est une expérience qui n'a pas de prix et c'est souvent ce qui manque aux jeunes bands, le fait de ne pas avoir beaucoup d'expérience de scène. Je veux pas dire que c'est de valeur… Ben oui, c'est de valeur! Ils sont parachutés dans quelque chose qu'ils ne connaissent pas…»
En tout cas, lui, il connaît ça et espère que ce bref retour aux sources aura plu aux fans… tsé.