La Coalition Outaouais à l'urgence: un bien pour un bien
C'est la deuxième fois en 35 ans que des citoyens de l'Outaouais se mobilisent pour que le système de santé sorte du bourbier. La première fois, ces efforts ont fait naître un hôpital et un CLSC; maintenant, les besoins sont du côté des professionnels qui font rouler ces établissements.
La porte-parole de la Coalition, Marthe Robitaille, a présenté cette semaine en conférence de presse les chiffres alarmants, disons-le, qui handicapent le système de santé. Les plus marquants concernent la pénurie de médecins spécialistes (manque de 242 pour 198 pratiquants) et d'inhalothérapeutes (manque de 78 pour 77 pratiquants). Nous avons donc rencontré Mme Robitaille pour connaître en détails les visées du regroupement citoyen.
Bien sûr, il y a la «conjoncture», le vieillissement de la population, la compétition avec Ottawa qui paie mieux, les buts professionnels et les ambitions des jeunes qui changent… Mais Marthe Robitaille, les centaines de partenaires de la Coalition qui proviennent de plusieurs domaines, et les 41 000 signataires de la pétition pour la venue d'un centre de formation satellite de l'Université McGill dans la région, refusent de baisser les bras.
Alors justement, un des objectifs de la Coalition est d'attirer ce centre, en plus de supporter le projet de Campus Santé avancé en juin dernier par le ministre Couillard. «Mais nous n'en sommes pas encore à la logistique, on ne sait pas quel programme serait donné dans quel établissement, c'est un projet visionnaire. Mais c'est important si on veut former aux niveaux universitaire et collégial. Le centre de formation relèverait de McGill (comme Saguenay relève de Sherbrooke, Trois-Rivières de l'UQAM et Québec de l'Université Laval) et le Campus Santé pourrait être au niveau collégial comme universitaire. C'est encore très conceptuel, encore flou. Mais c'est une solution au problème de rétention des médecins et infirmières. On veut devenir auto-suffisant, les former et les garder ici», explique Mme Robitaille.
Déjouer les pronostics
Selon elle, la venue du centre est la seule solution. La région a besoin de cette jeunesse «extraordinaire» pour assurer à court et long terme la pérennité de notre système de santé. Et il semble que tous les politiciens de l'Outaouais soient derrière les idées de la Coalition, si on regarde leurs nombreuses annonces et sorties publiques réalisées dans les six derniers mois. «La population va aussi devoir s'impliquer dans le projet si on veut que ça marche, estime l'infirmière de formation spécialisée en santé mentale. C'est un projet positif, mobilisateur, rassembleur, une solution durable et globale.»
La porte-parole sait que la Coalition ne règlera pas tous les maux et ne changera pas les réalités géopolitiques de l'Outaouais. «Il y a le vieillissement, de plus en plus de maladies chroniques, nous sommes la région où il y a le plus de diabète, de cancers pulmonaires à cause du tabagisme, d'obésité, de maladies cardiovasculaires… Et nous avons l'espérance de vie la plus basse du Québec avec une moyenne d'un an de moins. Et au niveau psychosocial, nous avons le taux de suicide le plus élevé chez les jeunes.»
Sans oublier que Mme Robitaille estime à 100 000 le nombre de personnes sans médecin de famille, sur 350 000 habitants en Outaouais. Cependant, malgré tout cela, elle est persuadée que des idéalistes, il y en a à la tonne. De futurs pros de la santé qui voudront bien s'établir en Outaouais pour y vivre et travailler.
«Nous voulons apporter de l'espoir et montrer qu'on est en train de sortir de l'impasse! Souhaitons-nous bonne chance!», conclut Marthe Robitaille.
Pour appuyer la Coalition ou pour vous impliquer et amener des idées et solutions lors des rencontres de la Coalition, qui sont organisées une fois aux deux mois pour le moment,
www.oauphase2.org. Vous y trouverez aussi la pétition (téléchargeable) que vous pourrez faire signer aux membres de votre entourage.