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Une totale réussite que ce quatrième Morceaux d'Amour !

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 15 février 2008 à 0:15
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Une totale réussite que ce quatrième Morceaux d'Amour !
Ce n’est pas parce que c’est la St-Valentin que l’amour doit trôner au panthéon de la perfection! L’équipe de création de ce Morceaux d'Amour - Nocturne no.4 nous l’a prouvé ce soir à La Basoche avec un spectacle presque parfaitement dosé et à tout coup divertissant.
D’abord, le concept amené par le Théâtre Dérives Urbaines est fameux: de courts sketchs qui défilent comme des caribous dans une machine à poker et qui touchent de près ou de loin au thème de l’amour; amour des choses, des êtres, des fantasmes, du sexe… Les points de départ sont toujours différents, les idées de Catherine Rousseau, Mathieu Charette et Luc Moquin ratissent large et au final, on a ri, on s’est surpris à avoir la tête lourde d’images et on a apprécié la riche simplicité de la mise en scène de Magali Lemèle.

Alors, après le bal masqué de l’an dernier avec son saut en parachute et ses couleurs éclatantes, nous voilà cette année dans un décor urbain et sobre: le noir prédomine, on se croirait dans une salle boucanée des années 70, avec un fauteuil, des tabourets et des micros partout. Même les comédiens font dans le noir, à part quelques-uns qui ont osé briser cet équilibre… dont on se foutra éperdument un coup que les premiers textes auront été livrés. Nous sommes à l’aise, c’est l’important.

Le trio d’auteurs nous gâte, peu importe où en est notre cœur: que l’on soit passionné, amoureux fou, seul au monde dans une marée humaine, en mal de vivre, incapable de communiquer avec notre tendre moitié, on se reconnaît dans ce miroir à peine déformant. Constant Bernard, Geneviève Couture, Nathaly Charrette, Stéphane Gravel, Guillaume Houët et Catherine Rousseau s’éclatent follement quand le projecteur fond sur eux et retournent à leur état de statue de cire quand leur moment de gloire est temporairement passé. Ils ont été triés, bien choisis pour leurs rôles (ils en jouent au minimum quatre chacun) et on ne peut crier au manque de goût quant à leurs alter ego.

Certes, quelques scènes sont un peu longues ou tombent un peu dans la mélasse, mais bon, qui ne s’aventure pas dans la boue quand il s’agit d’amour, hein?

Ce qui tranche avec les expériences antérieures est décidément cette mise en scène fascinante, qui met au premier plan les petits comiques qui prennent leur plaisir là où ils veulent. Cette noirceur omniprésente sert à merveille les thèmes exploités qui sont la solitude, l’absence de communication et le sexe bien tendu…

Ces trois axes sont étalés au grand jour avec une franchise par endroits et avec une subtilité souhaitée à d’autres. De toute manière, les comédiens sont si authentiques qu’on n’a pas besoin de chercher le 31 février sur le calendrier pour comprendre la douce détresse ou la folie joyeuse qui se dégagent de ces textes.

Un immense bravo donc à cette jeune équipe de férus et de trippeux des planches qui ne cesse de nous faire sourire. Longue vie à Morceaux d'Amour !
La pièce est représentée demain soir seulement, à 20h, à La Basoche.

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