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Vivre l'expérience rustique… à une heure de la ville

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 9:00
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Vivre l'expérience rustique… à une heure de la ville
Pas besoin de retourner au début du siècle ou de partir vers le Grand Nord canadien pour retourner à la belle époque où l'expression «les joies de l'hiver» était encore vraie, où la trappe remplaçait l'épicerie, où les chiens constituaient un moyen de transport et où la chaleur du poêle à bois réchauffait les cœurs et les corps.
Deux journalistes de La Revue ont tenté l'expérience la semaine dernière, en compagnie d'Alain Marchand, mocheur professionnel et son assistant-guide du jour, Alex. Un séjour de 24h au pays de l'hiver, du calme et du retour aux sources, à une heure à peine de la grande ville!

Dès qu'on arrive sur les lieux, il ne fait aucun doute que les prochaines heures seront mémorables. C'est un Alain tout au chaud sous son chapeau de poil agrémenté de la traditionnelle queue de castor qui vous accueille. Randonnée en motoneige, dîner de hot-dog au sanglier, randonnée de traîneaux à chiens, trappe, feu de camp, souper aux viandes sauvages et dodo dans un abri des plus rustiques sont tous au programme de la journée.

Pas étonnant que les touristes de France, ceux d'Asie, d'Amérique du Sud et d'ailleurs soient friands d'aventures comme celle-là, et qu'ils y reviennent d'une année à l'autre. Et ce, même si les bécosses sont inexistantes, même s'il fait moins 20 degrés, même si on n'a jamais conduit de motoneige de sa vie, et encore moins de traîneaux à chiens.

«On sait comment ça commence, mais comment ça finit, ça, c'est une autre histoire! C'est une aventure!», admet Alain, qui a plus d'une histoires à raconter et qui, chaque fois, fait tout en son possible pour faire vivre à ses visiteurs une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier!
Les chiens, le moteur d'Expédition Canhusk
«J'ai appris à lire à cause des chiens, j'ai toujours aimé les chiens», de dire celui qui a depuis fait de sa passion son quotidien. Car pour Alain Marchand, le fait de proposer chaque jour des randonnées de traîneaux à chiens ne constitue pas un travail: «Ça devient monotone quand tu le fais pour ton métier, mais moi, c'est une passion. Mon seul regret, c'est que l'hiver ne dure pas huit mois!»
C'est avec trois chiens seulement, trois malamutes, que M. Marchand a commencé son élevage. Depuis, il s'est tourné vers les huskies, des chiens de meute, qui ont des rôles très hiérarchiques entre eux, mais qui sont des plus aimables et sociables avec les touristes.

Aujourd'hui, une trentaine de chiens forment la meute. Les Curly, Tonnerre, Muffler, Jumping et autres ont tous leur propre caractère, et leur rôle à jouer lorsqu'on vient les chercher pour une promenade.

Sur les attelages, faits à la main par Alain, tout comme le sont les traîneaux, les abris et la cuisine, chaque chien a son rôle à jouer. «C'est toujours une femelle à l'avant, car le mâle veut marquer son territoire», explique le mocheur. «Un bon chien de tête, c'est quelqu'un qui lâche pas, qui veut toujours tirer. C'est un peu comme un chef d'entreprise: c'est un chien dominant qui veut pas perdre, il veut gagner.»

Vient ensuite le swing dog, un genre de remplaçant qui peut prendre la place du chien de tête en cas de besoin. Puis le team dog: «Un bon travailleur mais un suiveux», qui normalement possède la qualité d'être assez vite. Puis le petit dernier, celui qui se retrouve le plus près du traîneau. Appelé le wheel dog, il est comme les roues du traîneau. «C'est un chien costaud, car c'est lui qui va manger les coups.»

Avec ces notions en tête et le cœur qui bat, on se dit prête à partir à l'aventure. Mais la conduite d'un traîneau à chiens ne se fait pas en toute facilité, d'autant plus que chaque chien a son caractère. Une bonne dose d'abandon s'avère fort utile, et l'expression Carpe Diem prend tout son sens, malgré les mains qui tremblent… Pour se rendre finalement compte que la randonnée se déroule sans trop de mal, et qu'un sourire s'est dessiné involontairement sur notre visage!
Au-delà des traineaux
«Comme je leur dis tout le temps, les chiens, c'est 60% de l'aventure. L'autre 40%, ce sont les gens», note Alain Marchand.
On a beau se retrouver dehors en pleine nature pour quelques heures ou toute une journée, s'asseoir dans le traîneau et se laisser tirer par les chiens ne saurait être la seule source de plaisir. Au contraire. Pour vivre l'aventure, il faut s'impliquer: aller chercher les chiens en laisse pour les atteler et conduire le traîneau malgré les petites côtes, l'inexpérience, les courbes dans le sentier et les moments de frayeur et les petits cris qu'on retient!

Avant, il aura fallu conduire la motoneige, qui doit bien dater de quelques années, et après, il faudra marcher dans les bois à la recherche de brindilles, d'arbres morts et d'écorce de bouleau, tous nécessaires pour partir les feux, celui à l'intérieur de l'abri, et l'autre à l'extérieur.

«Quand vous venez ici, vous devenez mes guides, explique Alain. J'essaie de faire participer les gens le plus possible.»

Le grand cœur d'Alain prend toutefois le dessus bien souvent, et impossible pour quiconque de préparer les repas, car il s'en chargera sans que personne ne puisse l'aider. Ce souci du bien-être d'autrui prendra le dessus même pendant la nuit, lorsqu'Alain préfère couper ses heures de sommeil pour s'assurer que les bûches sont en nombre suffisant dans le poêle. Inutile donc de craindre le froid lors d'un séjour nocturne, la chaleur est plutôt au rendez-vous!
Des dualités constantes
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alain Marchand est un homme plein de dualités. Amant du bois et du calme de la nature, il n'en demeure pas moins qu'il prend un vilain plaisir à accueillir chaque jour que l'hiver amène, et quelques fois l'été, des touristes de toutes origines.
Et dans cet environnement rustique apparent, la modernité laisse tout de même ses traces. Le cellulaire sonne à toute heure du jour et de la nuit, ce qui n'empêche pas Alain de continuer à vaquer à ses occupations. Homme d'expérience, il est amplement capable de conduire un traîneau à chiens tout en répondant aux questions de ceux et celles qui lui téléphonent pour demander des informations ou faire une réservation.

Car dans son univers, la passion prend le dessus sur tout: «Le bois, c'est ma vie. J'suis bien dans le bois. Je suis ici et je suis heureux. C'est calme ici, mais j'aime ça. Et dresser des chiens, c'est la partie que j'aime le plus.»

À raison de 24h sur 24, 7 jours sur 7, Alain est disponible pour recevoir les touristes, et les gens de la région, et leur faire vivre une expérience qui sera certainement haute en couleurs: «Tant qu'il y a de la neige, je dis jamais non», énonce-t-il.

L'été, le camping sauvage fait partie des expériences qu'il offre. Jusqu'à temps que l'hiver revienne, et que les températures permettent de ressortir les motoneiges et les traîneaux. La saison prochaine devrait d'ailleurs être témoin de l'arrivée de nouveaux projets pour Alain, qui développera les tours de motoneige, tout en organisant un sentier de trappe.

Pour concrétiser tous ces projets, Alain Marchand doit par contre s'entourer d'autres personnes. Déjà, son neveu Alex, 11 ans, vient lui donner un coup de main les fins de semaine. Mais comme lors des journées passées en compagnie d'Alain, il est impossible de prédire l'avenir. On sait comment ça commence, mais personne ne sait ce qui adviendra par la suite! Et c'est tant mieux!

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