La technique du 1-2-3
On me dit fréquemment que c’est bien beau les grandes théories dans l’éducation, mais «dans le concret, qu’est-ce qu’on fait?». Confrontés à diverses situations dans le quotidien, ce sont des trucs et des conseils pratiques que les parents me rapportent comme besoins.
La technique du 1-2-3 présentée est inspirée du psychologue Thomas Phelan. Ici, elle est quelque peu modifiée afin de répondre davantage à divers contextes tels: amener l’exécution d’une consigne; arrêter un comportement non désirable ou inacceptable; exiger un temps d’arrêt (conséquence) suite à une action jugée inadéquate, ou afin de désamorcer une escalade d’agressivité. Ce procédé permet de clarifier le rôle de l’autorité parentale tout en en indiquant à l’enfant qu’une limite imposée n’est pas à négocier.
Avantages de la technique du 1-2-3
Cette méthode permet de donner un message clair, bref, non négociable et une réponse immédiate. Elle crée une structure du temps et de l’espace, de la manière la plus simple possible en limitant la rancune tant chez l’enfant que chez l’adulte.
Chez le parent, cela restreint l’impulsivité ou l’excès de colère. Chez l’enfant, elle limite son pouvoir à jouer sur les émotions de culpabilité ou de colère du parent. Cela évite donc de se perdre dans une lutte de négociation et de chantage émotif à n’en plus finir. En d’autres mots, PAS DE DISCUSSION, PAS D’ÉMOTIONS, voici la clé du succès de cette méthode. Cette technique d’intervention permet d’être neutre et freine l’escalade d’émotions négatives (menaces, cris, etc.).
Retenez que le fait d’argumenter et d’être émotif stimule chez l’enfant le sens du défi. D’autre part, si l’enfant est en recherche d’attention et qu’il en obtient uniquement lors d’adoption de comportement inadéquat, il aura tendance à rechercher l’attention négative à défaut de recevoir celle positive.
Comment appliquer la méthode
S’assurer que l’enfant soit bien informé du nouveau système et lui dire pourquoi. Dans l’application, il importe de se centrer strictement sur une seule action à la fois et non pas sur les émotions ou une situation complexe.
Quand l’enfant adopte un comportement inacceptable ou ne respecte pas la consigne demandée, nous disons «1». Ceci est un avertissement signifiant à l’enfant qu’il doit cesser le comportement ou appliquer la consigne demandée. S’il n’obtempère pas, il est suivi du «2», deuxième avertissement. S’il ne réussit pas à s’arrêter, on arrive au «3» qui signifie un temps d’arrêt. Évitez les un et demi, toute négociation, restez calme et utilisez un ton ferme.
Si vous n’avez qu’une étape de retrait, on suggère d’établir le temps de pause (d’arrêt) selon l’âge (5 ans = 5 min). Toutefois, si vous désirez amener l’enfant à développer sa capacité d’autocontrôle et ainsi le responsabiliser face à ses actes, utilisez la technique du 1-2-3 combinée avec le retrait en palier. C’est-à-dire que le temps d’arrêt s’effectue, au besoin, en phases distinctes. Par exemple, on peut préétablir des endroits correspondant à des phases (en considérant la cessation ou la continuité du comportement inacceptable): 1-Debout devant un mur, 2- Assis sur une chaise, 3- Assis dans l’escalier. Évitez la chambre de l’enfant si celui-ci possède une panoplie de jouets dans celle-ci.
Utilisez une mesure de temps visuel le plus possible (sablier, minuterie). Vous pouvez également utiliser une mesure de temps auditive (mélodie, musique relaxante).
Assurez-vous que l’enfant effectue son temps de pause à chaque phase. S’il se rend à la phase 3, il doit effectuer son temps d’arrêt à la phase 2 ainsi qu’à la phase 1.
Il est important de noter que lorsque vous utilisez plus d’une phase de retrait, il faut diminuer le temps d’arrêt (3 à 5 minutes peuvent suffire selon l’âge). Après la pause, évitez de faire un retour moralisateur. Soyez davantage objectif en relatant les faits. Cela évite d’atteindre l’enfant dans son estime de soi et lui indique les limites.
Cette approche permet à l’enfant de savoir à quoi s’attendre soit face choix de ne pas s’arrêter ou de ne pas répondre à la consigne exigée. Plus il se rend loin dans son opposition ou son refus de collaborer, plus son temps d’arrêt est long. Cela sollicite chez lui sa capacité à faire des choix et son habileté à s’autocontrôler.
La technique du 1-2-3 est facilement applicable, mais nécessite constance et rigueur. Toutefois une fois que celle-ci est bien établie, elle permet d’établir une saine discipline au sein de la famille évitant ainsi la perte de contrôle tant chez l’adulte que chez l’enfant. Elle est permet d’être davantage conséquent que punitif. Vous avez des questions ou des commentaires suite à cette chronique: courrier.stephanie@gmail.com