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L'infirmière Martine Constantineau part en Afrique pour deux ans

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 24 février 2008 à 8:31
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L'infirmière Martine Constantineau part en Afrique pour deux ans
Il y a de ces personnes qui répondent à l'appel de leur destin. Celui de l'infirmière au centre de réadaptation La Ressource Martine Constantineau est de répondre aux besoins des humains moins fortunés. Elle part donc en juillet pour un troisième voyage en trois ans en Afrique, mais cette fois pas pour trois mois, pour deux ans!

«En fait, ce sera pour un an, ensuite je reviens ici six semaines et je repars ensuite», nuance-t-elle. Martine part en Tanzanie, pays du Kilimandjaro qu'elle a connu l'année dernière lors d'un stage en santé mentale avec une équipe de l'UQO. Et avant cette escapade, elle avait atterri au Bénin en 2006 pour trois autres mois pour un stage en sciences infirmières.

«Depuis que je suis en première année que je veux faire ça, avoue-t-elle. C'est sûr qu'en vieillissant, t'orientes tes choix, mais j'aime travailler avec les gens. C'est pour ça que je suis allée en soins infirmiers», ajoute celle qui termine son bac et qui bosse à La Ressource depuis deux ans. «À l'étranger, l'esprit est plus communautaire, alors qu'à La Ressource, l'approche avec le client est différente. C'est un milieu de vie, on a une proximité qu'on ne retrouve pas dans un centre hospitalier.»

Oui, esprit communautaire: Martine pourra approfondir les relations qu'elle tissera avec les Africains en retournant pour une plus longue période. «Pendant deux ou trois mois, tu t'intègres et tu vas travailler en milieu de stage. Mais là, je vais pouvoir évaluer les besoins et organiser des projets», explique-t-elle. En plus, elle part seule pour la première fois grâce à l'organisme The Olive Branch for Children, alors elle aura toute la liberté souhaitée. Elle espère notamment être en mesure d'établir des cliniques dans des villes éloignées avec des médecins et des intervenants.

«Je vais devoir évaluer les besoins dans toutes les sphères et travailler à partir des besoins prioritaires. Je devrai aussi me faire accepter par les communautés et comprendre leur réalité, aller à leur rythme.»

Selon elle, il est normal d'avoir de grandes idées et de grosses attentes quand on décolle pour un pays inconnu. Or, on risque de déchanter vite si on part avec l'étiquette «aide humanitaire» dans le front… «Tu t'attends à ce que ça soit différent. Tu peux avoir l'idée que tu vas changer les choses, mais ce n'est pas du tout ça. Je vois plus ça en termes de coopération et d'échange. On a beaucoup de choses à leur apporter, il faut les aimer et être près d'eux.» Quand cet «apprivoisement» est fait, Martine peut se permettre de faire de la prévention, entre autres pour le VIH/sida.

Mais il est primordial pour elle de respecter les coutumes, car bien qu'on ait tendance à mettre toutes les nations du continent noir dans le même panier, chacune est différent. «Avant de trouver des solutions, il faut aller voir la réalité. Bon, oui, il y a une complexité politique, de la corruption… mais il y en a partout! On parle souvent à travers notre chapeau», lance Martine, qui a été surprise par les rangs sociaux (extra pauvres à extra riches) qui sont plus visibles qu'ici, et par la pub des multinationales en Tanzanie, qui profitent du tourisme amené par le Kilimandjaro et les safaris.

Heureusement, il n'y a pas que ça… «Si quelqu'un a envie d'y aller, il faut oser pour vivre quelque chose de grand.»
Martine Constantineau lors de son dernier voyage en Tanzanie.

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