Bonne idée, monsieur Angers.
La semaine dernière, le conseiller municipal du district des Promenades, monsieur Luc Angers, proposait que les services municipaux soient tenus de participer aux rencontres que les conseillers organisent dans leur quartier. Il affirme que le service de police s’y présente volontiers, mais que d’autres services doivent se faire tirer l’oreille. Il ne s’agit pas de participer aux traditionnelles (et trop souvent inefficaces) rencontres de consultation sur les dossiers précis, mais bien à des rencontres générales où les gens posent des questions sur ce qui les intéressent et discutent de ce qui se passe dans leur voisinage.
C’est une excellente idée.
Avant la fusion, les conseils municipaux des anciennes villes servaient de forum où les citoyens pouvaient discuter de l’avenir de leur secteur. Ce n’est plus le cas. Le conseil actuel doit se concentrer sur les enjeux qui concernent toute la ville, il ne peut plus jouer de rôle très local. Cette situation laisse un vide démocratique qu’il faut absolument combler: il nous faut des forums où discuter des enjeux locaux Les rencontres citoyennes de Luc Angers sont un bon début, mais il a raison de dire qu’il faut aller plus loin.
L’idée de Québec
Dans la ville de Québec, on retrouve des conseils de quartiers qui, je crois, permettent d’atteindre les objectifs du conseiller des Promenades. La création d’un conseil est facultative, elle dépend de la volonté de chaque quartier. Leur rôle est de tenir des consultations publiques, d’encourager la collaboration entre les acteurs du quartier et de mobiliser les gens à travers diverses actions locales. Ils sont formés de citoyens élus tous les deux ans lors d’une assemblée publique. La ou le conseiller municipal siège au conseil de quartier, mais sans droit de vote. Les réunions sont toujours publiques et les fonctionnaires doivent y assister en fonction des dossiers qui y sont traités. Toutes les consultations municipales, grandes ou petites doivent inclure un passage devant les conseils de quartiers. Ils deviennent donc le lieu privilégié pour échanger sur l’avenir du quartier, pour influencer le conseiller, pour susciter l’engagement des citoyens. Avant la fusion, un groupe de citoyens de Buckingham avaient proposé l’idée à l’ancienne administration. Elle avait été rejetée pour des raisons que j’ignore. Si cette formule vous intéresse, je vous invite à consulter le site internet de la ville de Québec :
www.ville.quebec.qc.caLa démocratie devrait être un processus continu. Le fait de limiter la participation démocratique des citoyens au simple rôle d’électeur à tous les quatre ans est très dommageable pour la ville. Évidemment, ce n’est jamais facile, ni pour un élu, ni pour un fonctionnaire, de faire face aux citoyens: ils sont, avec raison, exigeants. Mais plus les gens participent à construire leur ville, plus ils l’aiment, mieux elle se porte… et plus elle est facile à gérer. L’administration Ducharme avait négligé cet aspect de notre vie municipale, il n’est pas trop tard pour bien faire, les propositions de monsieur Angers valent la peine d’être étudiées.